Monde
L’Iran lève partiellement le blocus numérique après trois mois de coupure
Le gouvernement iranien a rétabli mardi un accès limité à internet après près de quatre-vingt-dix jours de restriction quasi totale, une décision saluée par la population mais dont la portée reste incertaine.
La connectivité internationale a été partiellement restaurée en Iran, mettant fin à une période de plus de deux mille heures d’isolement numérique sans précédent, selon l’ONG de surveillance NetBlocks. Cette interruption, la plus longue jamais enregistrée pour un pays, avait débuté le 28 février à la suite de l’offensive israélo-américaine. Le vice-président Mohammad Reza Aref a annoncé sur X que la première étape vers un cyberespace libre et régulé venait d’être franchie, promettant de répondre aux attentes des citoyens.
Des témoignages recueillis dans l’ouest du pays font état d’un accès retrouvé aux sites internationaux via les fournisseurs locaux, bien que le recours aux réseaux privés virtuels reste nécessaire pour consulter les plateformes sociales. À Téhéran, une entreprise a pu renouer avec le réseau mondial, mais la connexion mobile demeure interrompue. Ces signes de détente interviennent alors que les négociations entre Téhéran et Washington s’intensifient pour trouver une issue durable au conflit.
Le président Massoud Pezeshkian, considéré comme un réformateur, avait ordonné lundi le rétablissement de l’accès au web. Cependant, cette avancée a été immédiatement compromise par la justice iranienne, qui a suspendu l’organe responsable de cette mesure, le Quartier général spécial pour l’organisation et la gouvernance du cyberespace national, créé le 12 mai. Un parlementaire a rappelé que la décision finale revient au Conseil suprême de sécurité nationale, dominé par les conservateurs, et non au chef de l’État.
La population iranienne avait été privée d’accès à l’internet mondial depuis le début des hostilités, ne pouvant utiliser qu’un intranet local limité aux services nationaux et aux applications agréées par le régime. Cette coupure a gravement entravé les secteurs économiques dépendants de la connectivité, notamment les technologies de pointe et le commerce électronique. La porte-parole du gouvernement avait imputé cette situation aux menaces américaines et israéliennes contre la sécurité du pays, tout en promettant un retour à la normale une fois la guerre terminée.
Un système d’accès conditionnel baptisé Pro Internet avait été mis en place récemment, offrant une connectivité élargie à certains professionnels et entreprises contre un abonnement plus onéreux. Malgré cette réouverture partielle, les experts estiment que le trafic internet iranien est encore loin d’atteindre les niveaux d’avant les restrictions.
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