Économie
L’inflation française repasse la barre des 3%, une première depuis février 2024
Les prix à la consommation ont progressé de 3% sur un an en septembre, d’après les premières estimations de l’Insee. L’énergie et les produits frais…

Les prix à la consommation ont progressé de 3% sur un an en septembre, d’après les premières estimations de l’Insee. L’énergie et les produits frais alimentent cette poussée, et les voisins européens encaissent eux aussi.
Il faut remonter à février 2024 pour retrouver un tel rythme. En septembre, les prix à la consommation ont augmenté de 3% sur un an, contre 2,4% en août. La progression s’accélère donc nettement, et un poste concentre l’essentiel de la pression.
Le moteur de cette flambée porte un nom, l’énergie. Ses prix ont bondi de plus de 21% sur un an en septembre, après une avancée déjà costaude de plus de 16% en août. L’origine du phénomène se situe loin de l’Hexagone. Le détroit d’Ormuz, par lequel transitaient environ 20% des hydrocarbures mondiaux, s’est retrouvé bloqué après le déclenchement de la guerre entre l’Iran et les États-Unis en février.
Le reste du continent n’est pas épargné. En Espagne, l’inflation devrait frôler les 5% sur un an en septembre, là encore tirée par l’énergie. La Banque de France soulignait pourtant dans ses prévisions de septembre que le pays devrait traverser cette période plus doucement que ses voisins. Les chiffres provisoires pour l’ensemble de la zone euro sont attendus en fin de semaine.
À la pompe, l’addition devient salée. Depuis janvier, le gazole a pris plus de 50% et le SP95-E10, le carburant le plus vendu, plus de 30%. Cette semaine, ils s’affichaient en moyenne à 2,39 euros et 2,17 euros le litre. Une aide ciblée a bien été mise sur pied pour les gros rouleurs, mais l’exécutif reconnaît disposer de peu de marge de manœuvre, des finances publiques dégradées limitant les options.
L’énergie n’est plus la seule coupable. Après un été marqué par des canicules et une sécheresse qui ont malmené les récoltes, les produits frais ont grimpé de près de 10% sur un an en septembre, alors que la hausse atteignait déjà 5,9% en août. L’alimentation dans son ensemble avance de 1,5%, le tabac de 3,3% et les services de 2,2%. Seuls les produits manufacturés reculent, de 0,3%.
Un économiste fondateur d’un cabinet de conseil résume la situation en observant que la tension sur l’énergie commence à se diffuser au reste de l’économie, mais lentement et sans commune mesure avec ce que le pays a connu en 2022. La Banque de France, elle, table sur un retour sous les 2% l’an prochain, avec 1,9%, puis 1,6% en 2028. Un scénario fragile, suspendu à l’évolution du Moyen-Orient, principale source d’incertitude. Ces chiffres tombent au lendemain de cortèges organisés à l’appel des syndicats de la fonction publique, qui ont réuni entre 200 000 et 300 000 personnes, avec le pouvoir d’achat en tête des revendications.
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