Économie
L’extradition d’un magnat chinois met à nu un vaste réseau criminel transnational

_**L’homme d’affaires Chen Zhi, figure influente au Cambodge et accusé par Washington d’être à la tête d’un vaste système d’escroqueries en ligne et de travail forcé, a été remis aux autorités de Pékin après son arrestation à Phnom Penh.**_
Les services de sécurité cambodgiens ont procédé à l’interpellation de trois ressortissants chinois, dont Chen Zhi, avant de les transférer vers la Chine. Cette opération, réalisée en étroite coordination avec les autorités judiciaires chinoises, marque l’aboutissement d’une enquête conjointe de plusieurs mois. Le ministère de l’Intérieur du Cambodge a précisé que Chen Zhi avait perdu sa nationalité cambodgienne par décret royal à la fin de l’année dernière, une mesure qui a précédé son extradition.
L’affaire dépasse largement le cadre régional. Le département de la Justice américain avait précédemment inculpé l’homme d’affaires, l’accusant de superviser un réseau de centres opérationnels disséminés à travers le Cambodge. Selon l’acte d’accusation américain, ces sites, décrits comme des installations sécurisées, auraient servi à détenir des centaines de personnes, recrutées par de fausses offres d’emploi et contraintes sous la menace à participer à des fraudes en ligne à l’encontre de victimes dans le monde entier. Les pertes financières générées par ce système se compteraient en milliards de dollars.
Dans le cadre de cette procédure, les enquêteurs américains ont annoncé la saisie d’une quantité considérable de bitcoins, évaluée à plusieurs milliards de dollars, présentée comme la plus importante opération du genre dans l’histoire judiciaire des États-Unis. Chen Zhi encourt une peine pouvant aller jusqu’à quarante années d’emprisonnement s’il était reconnu coupable par la justice américaine des chefs de fraude électronique et de blanchiment d’argent.
Le groupe Prince, conglomérat fondé par Chen Zhi et actif dans l’immobilier, la finance et la grande consommation dans plus d’une trentaine de pays, est au cœur des accusations. Les procureurs américains estiment que cette structure servait de façade à des activités criminelles à grande échelle, incluant le trafic d’êtres humains et le blanchiment de capitaux. Le groupe a toujours fermement rejeté ces allégations, les qualifiant de diffamatoires.
L’influence politique de Chen Zhi au Cambodge a également été pointée du doigt. Il a officié en tant que conseiller auprès du Premier ministre actuel, Hun Manet, et de son prédécesseur, Hun Sen. Des analystes spécialisés dans la criminalité transnationale décrivent l’homme d’affaires comme une figure profondément intégrée aux structures étatiques cambodgiennes, utilisant son influence et des pratiques de corruption pour protéger ses opérations. Cette affaire met en lumière le défi que représentent, pour plusieurs pays d’Asie du Sud-Est, les centres d’escroquerie en ligne, un secteur lucratif qui impliquerait des dizaines de milliers de personnes, certaines agissant volontairement, d’autres étant victimes de traite.

Faits DiversEn Ligne 7 joursTrente-neuf ans après, les parents d’Inass Touloub face à leurs juges
SociétéEn Ligne 7 joursBlocus, manifs et rentrée agitée dans les lycées et les facs
PolitiqueEn Ligne 6 joursÉdouard Philippe assume ses mots sur l’immigration et la gauche l’accuse de parler comme l’extrême droite
PolitiqueEn Ligne 3 joursNeuf députés du groupe communiste et ultramarin préfèrent Mélenchon à Roussel
Faits DiversEn Ligne 6 joursNeuf perpétuités et des regrets, le procès des Français de l’EI à Bagdad
Faits DiversEn Ligne 6 joursDix mois après l’incendie du Constellation, l’enquête de Crans-Montana promet de durer des années
Faits DiversEn Ligne 3 joursUne explosion frappe le siège de Corsica Linea à Ajaccio
SportsEn Ligne 6 joursFrancis Joyon chavire sur la Route du Rhum et rassure sur son état de santé
















