Monde
Les Européens de l’Otan en quête de réponses après les foudres de Washington
Les ministres des Affaires étrangères de l’Alliance atlantique se réunissent en Suède pour sonder les intentions américaines, alors que Donald Trump agite la menace d’un retrait militaire partiel du Vieux Continent.
Les capitales européennes retiennent leur souffle. La réunion des ministres des Affaires étrangères de l’Otan, qui se tient ce vendredi à Helsingborg, en Suède, intervient dans un climat de vives tensions avec Washington. L’administration Trump n’a pas caché son mécontentement depuis que les Européens ont refusé de s’engager militairement aux côtés des États-Unis dans le conflit qui les oppose à l’Iran au Moyen-Orient. Un diplomate européen basé à Bruxelles résume l’enjeu de cette rencontre par une interrogation simple : saura-t-on si l’heure est encore à la punition ou si la page peut être tournée ?
Le président américain, toujours courroucé par l’attitude de ses alliés, a pourtant annoncé jeudi le déploiement de cinq mille soldats supplémentaires en Pologne, une décision qu’il justifie par ses bonnes relations avec le président nationaliste Karol Nawrocki. Mais la veille de son arrivée en Suède, le secrétaire d’État Marco Rubio a vertement critiqué les pays qui, selon lui, refusent de fournir le moindre effort en soutien aux opérations américaines dans le Golfe.
Les Européens ne sont pourtant pas restés les bras croisés. Le secrétaire général de l’Otan, Mark Rutte, a souligné mercredi que les alliés européens et le Canada avaient entendu l’appel américain. Des navires de guerre ont déjà été positionnés à proximité du détroit d’Ormuz, une voie maritime stratégique bloquée par l’Iran, dans le cadre d’une coalition internationale pilotée par la France. L’Otan pourrait également endosser un rôle plus formel, même si aucune décision n’a encore été arrêtée. Le général américain Alexus Grynkewich, commandant suprême des forces alliées en Europe, a indiqué mardi qu’il réfléchissait à cette éventualité.
Donald Trump ne cesse de réclamer de ses partenaires européens qu’ils agissent concrètement pour rouvrir ce détroit par lequel transite un cinquième du pétrole mondial. Il exige aussi qu’ils assument une part plus importante de leur propre défense. En guise d’avertissement, il a annoncé le retrait d’environ cinq mille soldats américains stationnés en Allemagne. Mark Rutte tente de minimiser la portée de cette décision, estimant qu’il est logique que les États-Unis accompagnent le renforcement des capacités européennes par une réduction de leur empreinte militaire sur le continent. Il a toutefois insisté sur la nécessité d’une transition maîtrisée dans le temps.
Cette annonce a pourtant pris de court les alliés européens, selon plusieurs diplomates de l’Alliance. Et d’autres ajustements sont attendus. Washington pourrait annoncer ce vendredi une diminution de sa contribution aux forces de réaction rapide de l’Otan, ces renforts mobilisables en moins de cent quatre-vingts jours en cas de conflit. Là encore, Mark Rutte se veut rassurant, affirmant qu’il s’agit d’une évolution prévisible et même bienvenue.
Les Européens espèrent néanmoins obtenir des éclaircissements sur la stratégie américaine. Pour montrer leur bonne volonté, ils s’apprêtent à annoncer une série de contrats d’armement, dont plusieurs avec des industriels américains. Mais rien ne doit être divulgué avant la réunion, a exigé Mark Rutte, qui mise sur ces accords pour apaiser Donald Trump, attendu avec une certaine nervosité à Ankara en juillet pour le sommet de l’Alliance.
Le soutien à l’Ukraine constituera un autre sujet majeur des discussions. Mark Rutte a proposé que les pays de l’Otan, à l’exception des États-Unis, s’engagent à consacrer au moins 0,25 % de leur produit intérieur brut à l’aide militaire à Kiev. Conscient des réticences, il a reconnu mercredi que cette proposition avait peu de chances d’être adoptée, mais il entend en débattre, alors que les Pays-Bas et l’Allemagne portent aujourd’hui l’essentiel de l’effort financier. La France est notamment critiquée par ses partenaires pour la faiblesse de son soutien budgétaire. Paris se défend en rappelant qu’elle contribue également par des moyens militaires et par la mise en place d’une coalition internationale chargée d’assurer les garanties de sécurité nécessaires à l’Ukraine une fois le conflit terminé.
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