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Les Émirats sous le feu iranien au premier jour de l’opération américaine dans le détroit d’Ormuz

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Les frappes iraniennes contre des installations civiles aux Émirats arabes unis et un pétrolier national menacent la trêve fragile et font grimper les cours du pétrole.

Les Émirats arabes unis ont rapporté avoir été la cible de tirs iraniens lundi, au moment où les forces américaines lançaient une opération visant à rétablir la libre circulation des navires dans le détroit d’Ormuz. Ces attaques, les premières contre des infrastructures civiles dans un État du Golfe depuis plus d’un mois, fragilisent le cessez-le-feu précaire instauré le 8 avril et ont ravivé les tensions sur les marchés pétroliers, où les prix ont fortement augmenté.

Le terminal pétrolier de Fujaïrah, l’un des rares points d’accès maritime de la région ne nécessitant pas le passage par le détroit, a été touché par un projectile ayant provoqué un incendie. Les autorités locales ont fait état de trois blessés de nationalité indienne, qualifiés de « modérément atteints ». Le ministère de la Défense émirati a également signalé avoir été visé par des missiles de croisière « en provenance d’Iran », précisant que trois d’entre eux avaient été interceptés au-dessus des eaux territoriales et qu’un quatrième était tombé en mer. Un navire pétrolier appartenant à la compagnie nationale Adnoc a également subi une attaque de projectiles iraniens.

Le ministère émirati des Affaires étrangères a dénoncé une escalade dangereuse et affirmé que le pays se réservait le droit de riposter. Sans attendre, les autorités ont ordonné le passage des écoles à l’enseignement à distance. De son côté, la télévision d’État iranienne a cité un haut gradé anonyme selon lequel Téhéran « n’avait aucun projet de cibler les Émirats ». À Oman, deux personnes ont été blessées dans l’attaque d’un immeuble résidentiel à Bukha, une ville côtière située sur le détroit d’Ormuz, selon un média d’État local.

Ces frappes, sur lesquelles le pouvoir iranien n’a pas officiellement communiqué, interviennent au premier jour d’une opération américaine destinée à débloquer des navires commerciaux piégés dans les eaux du Golfe en raison du blocus iranien du détroit. Depuis le début des hostilités déclenchées par les États-Unis et Israël le 28 février, Téhéran contrôle cette voie maritime stratégique par laquelle transite habituellement un cinquième de la consommation mondiale de pétrole. Selon un haut responsable de l’agence britannique de sécurité maritime UKMTO, environ 20 000 marins sont immobilisés dans la zone.

L’armée américaine s’est félicitée lundi de l’action de ses navires de guerre visant à rétablir le trafic commercial. Le commandement américain pour la région (Centcom) a rapporté que deux navires marchands battant pavillon américain avaient franchi avec succès le goulet. Son chef, Brad Cooper, a indiqué que les forces américaines avaient détruit six embarcations iraniennes et intercepté des missiles et drones lancés contre des bâtiments militaires américains et des navires commerciaux. Téhéran a démenti ces affirmations, niant que des navires commerciaux aient traversé le détroit et que des bateaux iraniens aient été détruits.

Les autorités sud-coréennes ont pour leur part signalé une explosion suivie d’un incendie à bord d’un navire sud-coréen dans le détroit d’Ormuz. Le président américain a écrit sur son réseau Truth Social qu’aucun autre dégât n’avait été constaté dans le détroit, à l’exception de ce navire. Dans ce contexte, le baril de Brent, référence internationale, a bondi à 113,93 dollars. Les analystes d’Eurasia Group estiment que les attaques en cours confirment la persistance des menaces pesant sur le transport maritime et que l’opération américaine ne permettra pas une augmentation substantielle du trafic dans le détroit à court terme.

Depuis le début du conflit, qui a fait des milliers de morts, principalement en Iran et au Liban, Téhéran a instauré de facto des droits de passage pour franchir le détroit. Les points de discorde restent nombreux entre les deux camps, tant sur le dossier d’Ormuz que sur le nucléaire, et les efforts pour relancer les négociations ont échoué malgré une première rencontre directe au Pakistan le 11 avril. Le porte-parole de la diplomatie iranienne, Esmaïl Baghaï, a appelé lundi les États-Unis à adopter une approche raisonnable et à abandonner des demandes excessives, après que Téhéran a reçu une réponse de Washington à une nouvelle proposition de règlement. Selon l’agence iranienne Tasnim, l’Iran réclame une série de mesures incluant le retrait des forces américaines des zones proches de son territoire, la levée du blocus des ports iraniens et du gel de ses avoirs, le financement de réparations, la levée des sanctions, un mécanisme concernant le détroit d’Ormuz et la fin de la guerre sur tous les fronts, y compris au Liban. Le dossier nucléaire ne figure pas dans ce plan, alors qu’il s’agit d’une question centrale pour les États-Unis et Israël, qui accusent l’Iran de vouloir se doter de l’arme atomique, une intention que la République islamique dément.

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