Économie
La Bourse de Paris chute sous le poids des incertitudes géopolitiques
L’indice CAC 40 a lourdement reculé lundi, plombé par les tensions persistantes autour du détroit d’Ormuz et les informations contradictoires émanant des camps iranien et américain.
La place financière parisienne a clôturé la séance dans le rouge, les opérateurs peinant à se repérer dans le brouillard informationnel qui entoure la situation au Moyen-Orient. Le CAC 40 a abandonné 1,71% pour s’établir à 7.976,12 points, effaçant les gains enregistrés jeudi dernier. Selon les analystes de Natixis, l’incertitude demeure prégnante quant à l’évolution du conflit et au sort réservé au détroit d’Ormuz, dont le contrôle par Téhéran perturbe le transit pétrolier mondial.
Depuis le déclenchement de l’offensive fin février, l’Iran verrouille ce passage stratégique par lequel transite habituellement un cinquième de la production planétaire de brut et de gaz naturel liquéfié. En représailles, Washington a instauré un blocus des ports iraniens. La journée de lundi a été marquée par une série d’annonces contradictoires. Le commandement américain pour la région a d’abord affirmé que deux navires marchands battant pavillon des États-Unis avaient réussi à franchir le détroit. Une information rapidement démentie par les Gardiens de la Révolution iraniens. Plus tôt, l’agence Fars avait rapporté que Téhéran avait tiré deux missiles en direction d’une frégate américaine s’approchant de la zone, provoquant une brève flambée des cours du pétrole. L’armée américaine a démenti tout impact sur ses bâtiments.
Ce jeu de déclarations et de démentis entretient une opacité totale sur la réalité des opérations. Andreas Lipkow, analyste chez CMC Markets, souligne que le flux d’informations reste difficile à déchiffrer. César Perez Ruiz, responsable des investissements chez Pictet Wealth Management, résume la situation par une impasse qui ne permet ni la guerre ouverte, ni la paix, ni le retour à un approvisionnement normal en hydrocarbures.
Dans ce climat morose, le secteur des technologies liées à l’intelligence artificielle a offert une éclaircie. Porté par des résultats trimestriels supérieurs aux attentes publiés par Apple, Google, Microsoft et Samsung la semaine précédente, ce segment a regagné la faveur des investisseurs. Ces publications ont ravivé l’appétit pour un secteur régulièrement secoué par des interrogations sur la rentabilité des investissements massifs dans l’IA. Grégoire Kounowski, conseiller en investissement chez Norman K, note que les performances des entreprises sont globalement très satisfaisantes, en particulier dans le domaine de l’intelligence artificielle. L’Europe reste toutefois moins exposée que les États-Unis ou l’Asie, mais tout ce qui est lié de près ou de loin à cette technologie profite d’un net regain d’intérêt sur le Vieux Continent.
À Paris, Soitec a bondi de 20,91%, STMicroelectronics a gagné 2,15% et Capgemini a progressé de 3,01%.
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