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Économie

L’économie nippone tient bon mais le conflit au Proche-Orient obscurcit ses perspectives

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L’archipel a enregistré une croissance de 0,5% au premier trimestre, porté par la consommation et les exportations, mais la flambée des prix de l’énergie liée aux combats dans le Golfe menace désormais la reprise et pousse Tokyo à envisager un nouveau plan de soutien.

Le Produit intérieur brut du Japon a progressé de 0,5% entre janvier et mars par rapport au trimestre précédent, selon les données officielles dévoilées mardi. Ce chiffre, légèrement supérieur aux prévisions des économistes interrogés par Bloomberg qui tablaient sur 0,4%, marque une accélération par rapport à la hausse de 0,2% enregistrée au dernier trimestre de l’année 2025.

Le vaste plan de relance de 117 milliards d’euros adopté fin 2025 par la Première ministre Sanae Takaichi, destiné à atténuer les effets d’une inflation persistante, a continué de soutenir l’activité et les dépenses des ménages. Par ailleurs, le commerce extérieur a montré des signes de reprise, porté par l’augmentation des exportations vers l’Asie et le rebond des ventes automobiles aux États-Unis.

Cependant, la guerre au Proche-Orient assombrit considérablement l’horizon économique du Japon, pays fortement tributaire des hydrocarbures du Golfe. Le conflit paralyse depuis fin février la navigation dans le détroit d’Ormuz, provoquant une envolée des cours du pétrole brut qui risque de se répercuter sur les prix alimentaires.

L’inflation a déjà nettement accéléré en mars pour atteindre 1,8% sur un an hors produits frais, tandis que la confiance des consommateurs s’érode. La Banque du Japon a d’ailleurs revu fortement à la hausse ses prévisions d’inflation fin avril, les portant à 2,8% pour l’exercice en cours sous l’effet du conflit, ce qui pourrait l’amener à relever ses taux dès juin.

Le principal porte-parole du gouvernement, Minoru Kihara, a indiqué mardi que l’exécutif suivait avec attention l’évolution des prix et leur impact sur l’économie, compte tenu de l’incertitude persistante au Proche-Orient. Il a précisé que la cheffe du gouvernement avait chargé la ministre des Finances d’étudier des mesures pour minimiser les risques.

Les tensions sur les approvisionnements en pétrole, dont le Japon importe 95% depuis le Proche-Orient, mais aussi sur d’autres matières premières comme le naphta ou l’aluminium, menacent de ralentir la production industrielle et de peser sur la croissance. Marcel Thieliant, de Capital Economics, a estimé que l’économie nippone, bien que solide avant le début du conflit, pourrait voir sa croissance s’arrêter net au cours des deux prochains trimestres.

Le pays tente de freiner la hausse des prix du pétrole grâce à des subventions publiques, mais l’impact de la flambée énergétique devrait se faire pleinement sentir dans les mois à venir. Dans l’immédiat, les perspectives de resserrement monétaire, conjuguées aux inquiétudes sur la politique budgétaire, ont fait bondir les rendements des obligations d’État japonaises ces derniers jours.

Tokyo est également soupçonné d’avoir dépensé des dizaines de milliards de dollars sur le marché des changes pour soutenir le yen, qui s’est déprécié face à l’incertitude mondiale et à l’écart de taux avec les États-Unis. C’est dans ce contexte que Sanae Takaichi a annoncé lundi envisager l’élaboration d’un nouveau budget supplémentaire pour préserver la croissance en soutenant à nouveau les consommateurs face à la hausse des prix, de l’énergie à l’alimentaire.

Taro Kimura, analyste chez Bloomberg Economics, anticipe que le resserrement de l’offre pétrolière pèsera sur les exportations et la consommation à partir du deuxième trimestre. Il estime toutefois que la banque centrale attendra probablement que l’incertitude liée au conflit se dissipe et qu’un signal politique clair émane de la Première ministre avant d’engager un durcissement monétaire.

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