News
Le Vietnam lance une ruée vers les berceaux
Après des décennies à limiter les naissances, Hanoï change de cap et met en place des primes et un congé maternité allongé pour relancer la natalité. Mais…


Après des décennies à limiter les naissances, Hanoï change de cap et met en place des primes et un congé maternité allongé pour relancer la natalité. Mais les jeunes couples restent sceptiques face au coût de la vie.
Jusqu’à l’année dernière, avoir un troisième enfant pouvait coûter sa carrière à un membre du parti communiste vietnamien. La pression sociale pour ne pas dépasser deux bébés était partout. Aujourd’hui, c’est l’inverse. Le gouvernement veut plus de naissances et sort une nouvelle loi avec des mesures concrètes pour y parvenir. Le pays a réalisé qu’il vieillit trop vite et risque de manquer de bras avant d’avoir atteint la prospérité.
Concrètement, les mères qui accouchent d’un deuxième enfant ont désormais droit à sept mois de congé maternité au lieu de six. Une prime de 228 dollars, soit environ deux tiers du salaire mensuel moyen, est aussi versée aux femmes qui remplissent certains critères d’âge et de lieu de résidence. Des dépistages prénataux et néonataux sont également subventionnés. Pour les autorités, c’est un signal fort envoyé à la population. Pham Thi Lan, responsable au Fonds des Nations unies pour la population au Vietnam, parle d’un changement d’approche profond. Le pays passe d’une logique de contrôle des naissances à une politique centrée sur le développement démographique.
Mais sur le terrain, l’enthousiasme est loin d’être général. Nguyen Kim Bich, 32 ans, comptable à Hanoï, gagne environ 1 000 dollars par mois avec son mari. Près de la moitié part déjà dans les dépenses pour leur unique enfant. Elle relativise l’impact des nouvelles aides. Un mois de congé supplémentaire et moins de 100 dollars ne suffiront pas à la convaincre d’agrandir la famille, explique-t-elle. Comme elle, beaucoup de jeunes citadins jugent les mesures insuffisantes face à la cherté du logement et des modes de garde. Une enquête gouvernementale récente montre que 73% des personnes mariées disent que leur salaire a influencé leur décision d’avoir des enfants.
Le Vietnam fait partie des pays dont la population vieillit le plus vite au monde. L’espérance de vie atteint 75 ans et les plus de 60 ans représentent déjà plus de 10% de la population. Le taux de fécondité est passé sous le seuil de renouvellement, à 1,93 enfant par femme en 2025. Ce chiffre reste élevé comparé au Japon ou à la Corée du Sud, mais le problème est ailleurs. Le Vietnam est encore un pays à revenu intermédiaire, avec un PIB par habitant d’environ 5 000 dollars. La Banque mondiale a prévenu dès 2021 que le pays aurait moins de temps que les économies avancées pour s’adapter à une société vieillissante.
Certains jeunes ont déjà fait leur choix. Anh, 24 ans, caissière à Hanoï avec un salaire de 380 dollars, ne veut pas d’enfant du tout. Trop de pression financière et mentale, dit-elle. Impossible de s’occuper d’une personne de plus. Son cas illustre le décalage entre la nouvelle politique nataliste et la réalité économique des ménages. Les mesures actuelles sont un premier pas, mais pour les experts, sans un soutien plus large sur le logement et la garde d’enfants, les intentions du gouvernement risquent de rester lettre morte.





PolitiqueEn Ligne 6 joursLe Rassemblement national décroche enfin son premier groupe au Sénat



Faits DiversEn Ligne 5 joursRefus de mariage à Béziers, 7 500 euros d’amende réclamés contre Robert Ménard



SociétéEn Ligne 6 joursLes tracteurs de la Confédération paysanne vont rejoindre les lycéens dans la rue



SociétéEn Ligne 6 joursMain arrachée, œil perdu et mâchoire brisée, quatre enquêtes sur des blessures de lycéens



Faits DiversEn Ligne 6 joursUn ex-maire du 93 et son entourage jugés pour des marchés publics truqués



Faits DiversEn Ligne 5 joursUn ex-patron de l’espionnage allemand arrêté pour trahison



PolitiqueEn Ligne 4 joursLecornu apaise les lycéens et annonce une baisse du carburant



PolitiqueEn Ligne 6 joursDes messages antisémites attribués à Jordan Bardella, qu’il qualifie de faux grossiers








