Politique
Les super-IA d’Anthropic de nouveau accessibles après un accord avec Washington
L’administration Trump vient de lever toutes les restrictions sur les deux modèles d’intelligence artificielle les plus puissants d’Anthropic. En échange…


L’administration Trump vient de lever toutes les restrictions sur les deux modèles d’intelligence artificielle les plus puissants d’Anthropic. En échange, la start-up promet de traquer les failles et de collaborer étroitement avec le gouvernement américain.
C’est un revirement spectaculaire. Mi-juin, Washington avait brutalement coupé l’accès à Claude Fable 5 et Mythos 5, les fleurons d’Anthropic. La raison invoquée était la sécurité nationale. Des failles critiques venaient d’être détectées, des failles qui auraient pu mettre ces outils ultra-puissants entre de mauvaises mains. Le choc avait été mondial pour la première fois, le gouvernement américain bloquait une IA de pointe.
Aujourd’hui, c’est fini. Le ministère du Commerce a annoncé la levée des contrôles d’exportation. Dès mercredi, Anthropic peut rétablir l’accès aux deux modèles. Mais ce n’est pas un blanc-seing. L’entreprise a dû s’engager par écrit. Elle promet de détecter et traiter les risques de sécurité de manière proactive. Elle s’engage à travailler main dans la main avec le gouvernement sur les protocoles, les normes et les futures versions de ses IA. Et elle doit signaler toute activité malveillante qui croiserait sa route.
Le directeur de la CIA, John Ratcliffe, a donné le ton mardi. Il a comparé les capacités des IA les plus avancées à des armes nucléaires numériques. Une déclaration rare et lourde de sens. Car derrière ce déblocage conditionnel, c’est tout un système de contrôle qui se met en place. Anthropic avait déjà obtenu vendredi un accès limité de Mythos 5 pour des cyberdéfenseurs et opérateurs d’infrastructures, uniquement américains. Les partenaires étrangers, eux, restaient sur la touche. On ne sait pas encore s’ils sont de nouveau autorisés.
Ce bras de fer ne concerne pas qu’Anthropic. OpenAI, son grand rival, a aussi accepté de lancer son dernier modèle GPT 5.6 en accès limité, avec une validation gouvernementale client par client. Même Sam Altman, le patron, trouve le processus loin d’être optimal. Mais il reconnaît que l’exécutif fait du bon travail dans une situation très difficile. La cheffe de cabinet de la Maison Blanche, Susie Wiles, a même salué une coopération inédite entre pouvoirs publics et tech. Les États-Unis, dit elle, restent l’incontestable vainqueur de la course mondiale à l’IA.
Pourtant, des observateurs s’inquiètent. Ce resserrement du contrôle américain pourrait profiter aux modèles ouverts et peu coûteux, comme le chinois DeepSeek. Des clients soucieux d’éviter toute dépendance à Washington pourraient se tourner vers ces alternatives. Pendant ce temps, les géants de la tech engloutissent des sommes colossales dans les centres de données et le développement des IA, sans avoir encore prouvé leur rentabilité. Anthropic, valorisée près de mille milliards de dollars, a déposé son projet d’introduction en Bourse en juin. OpenAI aussi. Le signal est clair la guerre de l’IA entre liberté et sécurité ne fait que commencer.
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