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Le miscanthus géant plante ses racines en Ukraine pour nettoyer les sols de la guerre
Cette herbe haute de quatre mètres, déjà utilisée pour produire de l’énergie, est testée près de Kiev. Son secret? Elle piège les polluants et stocke le…


Cette herbe haute de quatre mètres, déjà utilisée pour produire de l’énergie, est testée près de Kiev. Son secret? Elle piège les polluants et stocke le carbone, tout en redonnant vie à des terres contaminées.
Depuis 2023, une équipe de l’Université Jan Evangelista Purkyne (UJEP) mène une expérience à Vorzel, à deux pas de Boutcha. C’est là que l’armée russe est accusée d’avoir tué des centaines de civils en 2022. Aujourd’hui, le sol porte encore les stigmates de l’occupation. Pour le revitaliser sans le retourner, les scientifiques ont misé sur une plante originaire d’Asie. Le miscanthus géant ne demande presque rien pour pousser. Il s’accommode des terrains abîmés et, surtout, il aspire les métaux lourds à travers ses racines. Pendant que ses tiges montent vers le ciel, son système racinaire s’enfonce et piège les polluants. Il attire aussi les micro-organismes qui accélèrent la dégradation des produits pétroliers.
Ce n’est pas un hasard si ce projet est parrainé par l’Otan. L’idée de dépolluer avec du miscanthus est née en 2014, après l’occupation russe du Donbass. Les mêmes chercheurs avaient déjà planté cette herbe dans l’est de l’Ukraine entre 2016 et 2021. Aujourd’hui, ils étendent l’essai près de Kiev. Les premiers résultats montrent une amélioration des paramètres biologiques du sol. La plante capte aussi le carbone bien plus efficacement que les cultures classiques. Jusqu’à 40% de la matière organique qu’elle produit par photosynthèse finit dans la terre, via ses racines. Un atout précieux pour restaurer la fertilité.
Le miscanthus ne plaît pas à tout le monde. Certains redoutent qu’il s’échappe et colonise tout sur son passage. Mais ses défenseurs rappellent qu’il se reproduit uniquement par rhizomes, jamais par graines. Après vingt à vingt-cinq ans de service, on peut l’arracher et retourner à une agriculture classique. En attendant, sa biomasse aérienne reste propre et peut servir à fabriquer des isolants, de la pâte à papier, ou même du combustible comparable à un charbon de faible qualité. Le projet, qui associe des partenaires canadiens, croates, kazakhs et américains, est prévu jusqu’en 2027. Mais les chercheurs espèrent déjà une prolongation. Car les bienfaits de cette herbe géante mettent du temps à se révéler. Une étude française récente l’a montré: il a fallu treize ans pour constater une vraie augmentation du carbone dans le sol. Une patience qui pourrait bien payer, pour les terres ukrainiennes et bien au-delà.





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