Monde
Le Venezuela rapatrie ses migrants bloqués au Mexique, Washington exige des vols de retour


Alors que Caracas accueille des centaines de ses ressortissants, les États-Unis pressent le Venezuela de relancer les expulsions vers son territoire. Une tension diplomatique qui s’ajoute à la crise migratoire régionale.
Plus de 300 migrants vénézuéliens, bloqués au Mexique alors qu’ils tentaient de rejoindre les États-Unis, ont été rapatriés jeudi à Caracas. Un avion affrété par le gouvernement vénézuélien les a ramenés à l’aéroport international Simón Bolívar de Maiquetia, où ils ont été accueillis par le ministre de l’Intérieur Diosdado Cabello. Les images diffusées en direct à la télévision publique montrent des migrants reconnaissants, chantant l’hymne national et exprimant leur gratitude envers les autorités.
Cette opération intervient dans un contexte de tensions croissantes entre Caracas et Washington. L’administration américaine a exigé la reprise des vols de rapatriement des migrants vénézuéliens depuis les États-Unis. Le département d’État a publiquement critiqué le président Nicolás Maduro, l’accusant de retarder la mise en place de vols réguliers. « Maduro doit cesser de mentir et programmer des vols de rapatriement hebdomadaires », a déclaré un porte-parole sur les réseaux sociaux.
Les relations entre les deux pays, déjà tendues depuis la rupture diplomatique en 2019, se sont encore détériorées récemment. En février, trois vols de rapatriement avaient été organisés, mais le président américain Donald Trump a jugé leur rythme insuffisant. En représailles, il a annulé la licence accordée à Chevron pour opérer au Venezuela, une décision qui frappe durement l’économie vénézuelienne déjà fragilisée par des sanctions internationales.
Parallèlement, une autre crise diplomatique oppose le Venezuela au Salvador. Dimanche dernier, 238 Vénézuéliens accusés d’appartenir au gang Tren de Aragua ont été expulsés des États-Unis vers le Salvador, où ils ont été incarcérés dans une prison de haute sécurité. Le ministre Cabello a dénoncé un « enlèvement » et annoncé que Caracas engageait des avocats pour obtenir leur libération. « Ils n’ont commis aucun crime au Salvador. S’ils ont des antécédents au Venezuela, ils seront jugés ici », a-t-il déclaré.
Cette situation s’inscrit dans un contexte migratoire régional complexe. Depuis 2014, près de huit millions de Vénézuéliens ont fui leur pays, frappé par une crise économique et politique sans précédent. La contraction du PIB de 80 % entre 2013 et 2022 a poussé des milliers de personnes à chercher une vie meilleure à l’étranger, souvent au péril de leur vie. Le rapatriement des migrants bloqués au Mexique marque une tentative du gouvernement vénézuélien de reprendre le contrôle de cette crise humanitaire, tout en faisant face aux pressions internationales.





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