Économie
Le pétrole rebondit, les places financières retiennent leur souffle


Les cours du brut repartent à la hausse ce lundi, alimentés par les incertitudes persistantes sur un possible règlement du conflit au Moyen-Orient, tandis que les Bourses mondiales adoptent une posture attentiste.
Vers 07H12 GMT, le baril de Brent de la mer du Nord s’échangeait à 104,58 dollars, en hausse de 3,25%. Son homologue américain, le WTI, progressait de 3,77% à 99,02 dollars. Les investisseurs doutent de la conclusion d’un accord entre Washington et Téhéran qui permettrait de rouvrir le détroit d’Ormuz, une voie maritime cruciale pour le transit d’un cinquième du pétrole mondial. Lloyd Chan, analyste chez MUFG, souligne qu’une issue durable au conflit et la réouverture de ce passage stratégique restent hors de portée, ce qui prolonge les perturbations sur le marché pétrolier.
Le président américain a qualifié dimanche la réponse iranienne à la proposition de cessez-le-feu de « totalement inacceptable », dans un message publié sur son réseau social. Il a accusé Téhéran de se jouer des États-Unis depuis près d’un demi-siècle, ajoutant que les dirigeants iraniens « ne riront plus très longtemps ». Ces déclarations ont ravivé les craintes des opérateurs de marché, qui misaient sur une désescalade pour débloquer le détroit d’Ormuz.
Dans ce climat d’incertitude, le dollar, monnaie de référence pour les transactions pétrolières, s’appréciait de 0,18% face à l’euro, à 1,1767 dollar pour un euro. Les taux d’emprunt des États européens sur le marché obligataire se tendaient également, sous l’effet des craintes inflationnistes liées à la flambée du brut. Le rendement du Bund allemand à dix ans, référence régionale, atteignait 3,02%, contre 3,00% vendredi. Son équivalent français s’établissait à 3,64%, contre 3,62%.
Les Bourses européennes ont ouvert la semaine sur une note prudente. Paris cédait 0,47% dans les premiers échanges, tandis que Francfort et Milan restaient stables. Londres grappillait 0,36%. En Asie, Tokyo a reculé de 0,47%, tandis que Hong Kong se maintenait à l’équilibre. Séoul faisait figure d’exception avec une progression de 4,32%, portée par le regain d’intérêt pour les valeurs technologiques et l’intelligence artificielle. Samsung gagnait 6,33% et SK Hynix bondissait de 11,51%. En Europe, le secteur suivait la même tendance : STMicroelectronics prenait 2,87% à Paris, Soitec 2,98%, et ASML 0,82% à Amsterdam.
Ipek Ozkardeskaya, analyste chez Swissquote Bank, observe que les investisseurs spécialisés dans l’intelligence artificielle ne se laissent plus perturber par les gros titres sur le conflit au Moyen-Orient. Elle juge toutefois difficile de comprendre cette réaction des marchés, qui évoque un calme avant la tempête, la hausse des prix de l’énergie devant bientôt se répercuter sur les entreprises.
À Tokyo, le titre Nintendo a chuté de près de 10% en séance, avant de clôturer en baisse de 8,44% à 7.020 yens. Le géant japonais du jeu vidéo a publié vendredi des résultats annuels jugés décevants et prévoit une contraction de son bénéfice net et de ses ventes pour l’exercice 2025-2026.





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