Économie
Le Royaume-Uni durcit ses frontières : les Européens désormais soumis à une autorisation payante

Dès ce mercredi, les ressortissants de l’UE doivent présenter une ETA pour entrer sur le territoire britannique, une mesure controversée justifiée par des impératifs de sécurité.
Les voyageurs européens se rendant au Royaume-Uni doivent désormais s’acquitter d’une formalité inédite : l’autorisation de voyage électronique (ETA). Ce document, obligatoire depuis mercredi, s’applique après son introduction progressive pour les ressortissants d’une cinquantaine d’autres pays, dont les États-Unis ou l’Australie. D’un coût de 10 livres (12 euros), ce sésame numérique, valable deux ans, deviendra encore plus onéreux à partir du 9 avril, passant à 16 livres (19 euros).
La procédure, accessible via une application mobile ou le site du gouvernement britannique, consiste à remplir un formulaire en ligne lié au passeport. Bien que l’approbation soit généralement immédiate, les autorités recommandent de s’y prendre 72 heures à l’avance. Selon Phil Douglas, responsable des services frontaliers, ce dispositif vise à fluidifier les contrôles grâce à des portiques automatisés, tout en renforçant la sécurité.
Pourtant, sur le terrain, les réactions sont mitigées. Certains voyageurs, comme Renaud Ruer, dénoncent une démarche bureaucratique inutile, tandis que d’autres, à l’image de Claude Allary, ont découvert la mesure par hasard. Seuls les détenteurs d’un visa de long séjour ou les citoyens irlandais en sont exemptés. Une période de tolérance est prévue jusqu’à l’automne, mais, passé ce délai, l’accès aux transports sera strictement conditionné à la possession de l’ETA.
Cette décision s’inscrit dans la politique post-Brexit du gouvernement, qui entend moderniser son système migratoire. Inspiré de l’ESTA américain, le dispositif exclut cependant les ressortissants de nombreux pays africains et asiatiques, toujours soumis aux visas classiques. L’UE ripostera en 2026 avec l’ETIAS, un mécanisme similaire pour ses visiteurs étrangers. Entre simplification administrative et crispations, le Royaume-Uni redessine ainsi les contours de ses frontières.

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