Société
Le RN arrache une adoption historique à l’Assemblée contre l’accord migratoire franco-algérien


À la faveur d’un scrutin serré, les députés ont approuvé une résolution portée par le Rassemblement national visant à remettre en cause le dispositif bilatéral de 1968, marquant une première parlementaire pour le parti d’extrême droite.
L’hémicycle a connu jeudi une séance particulièrement tendue, les élus adoptant par 185 voix contre 184 une proposition de résolution du Rassemblement national. Ce texte symbolique, bien que dépourvu de portée législative, préconise la dénonciation de l’accord franco-algérien de 1968 qui encadre les conditions de séjour et d’immigration des ressortissants algériens sur le territoire français.
Marine Le Pen a salué un vote « historique » pour son groupe, soulignant qu’il s’agissait du premier texte de son parti obtenant l’aval de l’Assemblée nationale. La cheffe de file des députés RN a exhorté le gouvernement à prendre en compte cette position parlementaire, estimant que le maintien de cette convention n’était plus justifié.
Le scrutin a révélé des lignes de fracture inhabituelles. Le Rassemblement national a bénéficié du soutien d’une partie des groupes Les Républicains et Horizons, tandis que la majorité présidentielle apparaissait divisée. Seulement trente députés de la formation macroniste sur quatre-vingt-douze ont participé au vote, malgré la présence annoncée de Gabriel Attal à un événement extérieur.
Les réactions n’ont pas tardé dans l’opposition. Jean-Luc Mélenchon a fustigé sur les réseaux sociaux une manœuvre « honteuse » perpétuant selon lui « les guerres du passé ». Le président du groupe écologiste Cyrielle Chatelain a pour sa part déploré l’absence du leader de la majorité, dont la voix aurait pu inverser le résultat.
Cette adoption intervient dans un contexte de vifs débats sur la politique migratoire, plusieurs élus de la majorité ayant pourtant exprimé par le passé des réserves sur l’accord de 1968. La position défendue par Charles Rodwell, auteur d’un récent rapport critique, illustre les tensions au sein de la coalition gouvernementale, certains redoutant qu’une dénonciation unilatérale n’entraîne des conséquences imprévisibles.
L’analyse des votes montre par ailleurs une participation inégale dans tous les groupes politiques. Les formations de gauche ont également enregistré des absences notables, avec seulement cinquante-deux députés Insoumis sur soixante-douze prenant part au scrutin, et cinquante-trois socialistes sur soixante-neuf.





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