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Le rapport Alloncle sur l’audiovisuel public s’apprête à être dévoilé, attisant les tensions politiques

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Le document de près de 400 pages, adopté de justesse par la commission d’enquête parlementaire, doit être rendu public ce lundi soir ou mardi matin. Ses propositions radicales suscitent déjà de vives réactions, entre soutiens et accusations de dérive idéologique.

Après six mois de travaux sous haute tension, la commission d’enquête de l’Assemblée nationale consacrée à la neutralité et au financement de l’audiovisuel public a finalement adopté le rapport de l’élu Charles Alloncle par douze voix contre dix, avec huit abstentions. Le président de la commission, Jérémie Patrier-Leitus, a voté en faveur de sa publication afin que les citoyens puissent, selon lui, se faire une opinion sur les méthodes employées. De son côté, le député Alloncle, redoutant une censure, s’est réjoui que la transparence soit assurée sur l’utilisation des deniers publics.

Le rapport, dont de nombreuses recommandations ont déjà filtré, préconise une cure d’austérité pour France Télévisions. Parmi les mesures phares figurent la suppression des chaînes France 4 et France TV Slash, destinées aux jeunes publics, au profit d’une nouvelle offre numérique. France 2 et France 5 seraient fusionnées en une seule chaîne généraliste, tandis que franceinfo et France 24 seraient réunies. Côté radio, le Mouv’, antenne hip-hop de Radio France, serait supprimé. L’ensemble des économies représenterait plus d’un milliard d’euros, soit un quart des crédits alloués par l’État, et serait affecté à l’entretien du patrimoine public et au désendettement national.

Le texte propose également d’imposer une stricte neutralité aux figures de la télévision et de la radio publiques, et de revenir à une nomination des dirigeants de France Télévisions et Radio France par l’Élysée. Une mesure qualifiée de retour à l’ORTF par un élu du bloc central. Charles Alloncle espère que les présidentes des deux groupes audiovisuels publics appliqueront certaines de ses recommandations. Il a affirmé que sa seule victoire serait de voir l’audiovisuel public se porter mieux et qu’en 2027, lors de la prochaine campagne présidentielle, la question d’une privatisation ne se pose plus.

Cette option de privatisation, absente du rapport, est pourtant défendue par le Rassemblement national. Marine Le Pen, cheffe des députés du parti, a été informée du contenu du document, tandis que Jordan Bardella a réaffirmé sur une chaîne d’information que son parti engagerait une privatisation s’il accédait au pouvoir. Le RN a d’ailleurs lancé une pétition pour soutenir l’ouverture d’un débat national sur le sujet.

À l’opposé, les socialistes dénoncent un rapport truffé de mensonges et de partis pris, tandis que les Insoumis y voient un pamphlet idéologique. Au-delà des mesures, le ton employé par le député UDR suscite l’indignation. Plusieurs auditions houleuses en commission ont été marquées par des attaques personnelles et des outrances, selon un élu MoDem. Une députée socialiste a relevé que des personnes pourraient porter plainte pour diffamation, mais que Charles Alloncle est protégé par son immunité parlementaire.

Plusieurs groupes politiques prévoient de joindre leurs propres contributions au rapport. Les écologistes estiment que le député devrait appliquer à lui-même le principe de neutralité qu’il revendique. Les élus MoDem, quant à eux, annoncent la rédaction d’un prochain contre-rapport. Le gouvernement, de son côté, assure ne pas vouloir rester dans le statu quo, après la suspension du projet de holding commune pour l’audiovisuel public. La nouvelle ministre de la Culture, Catherine Pégard, a reçu lundi les présidentes de France Télévisions et Radio France, affirmant vouloir une accélération des réformes tout en conservant une grande ambition pour le service public.

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