Monde
Une désescalade inattendue s’ouvre dans le Golfe
Le président américain annonce une opération humanitaire pour dégager les navires bloqués dans le détroit d’Ormuz et évoque des avancées diplomatiques prometteuses avec Téhéran.
Donald Trump a surpris en annonçant dimanche soir le lancement dès lundi d’une mission de déblocage des navires immobilisés depuis deux mois dans le Golfe. Le locataire de la Maison-Blanche a également fait état de discussions « très positives » avec l’Iran, après la soumission par Téhéran d’un plan en quatorze points visant à résoudre le conflit qui oppose les deux nations.
Ce revirement de ton contraste nettement avec les déclarations belliqueuses des jours précédents. Le président américain, qui avait initié les hostilités contre l’Iran le 28 février aux côtés d’Israël, a qualifié cette initiative de « geste humanitaire » et de preuve de « bonne volonté ». Des pourparlers semblent se concrétiser entre Washington et Téhéran, avec le Pakistan pour médiateur.
À compter de lundi matin, heure locale, la marine américaine doit escorter à travers le détroit d’Ormuz les navires appartenant à des pays « qui n’ont rien à voir avec le conflit au Moyen-Orient », a précisé Donald Trump sur son réseau Truth Social. Il a toutefois mis en garde l’Iran contre toute entrave à cette opération baptisée « Project Freedom », laissant entendre que cela aurait des conséquences.
Depuis le début des hostilités, l’Iran verrouille le détroit d’Ormuz, passage stratégique par lequel transite habituellement un cinquième de la consommation mondiale de pétrole. En représailles, Washington avait imposé un blocus des ports iraniens début avril. Selon la société de surveillance maritime AXSMarine, 913 navires commerciaux se trouvaient dans le Golle le 29 avril, dont 270 pétroliers et une cinquantaine de méthaniers. Un haut responsable de l’agence britannique UKMTO estime qu’environ 20 000 marins sont concernés.
« Beaucoup de ces navires subissent des pénuries de nourriture et de tout ce qui est nécessaire pour permettre aux équipages de rester à bord de façon saine », a souligné le président américain. Pourtant, vendredi encore, son administration mettait en garde les navires qui paieraient les autorités de Téhéran pour franchir le détroit, les menaçant de sanctions.
Le blocage du détroit avait fait flamber les cours du pétrole, atteignant des niveaux inédits depuis l’invasion de l’Ukraine en 2022. Lundi, les prix se replient légèrement, le baril de Brent oscillant autour de 106 dollars, bien loin des 126 dollars dépassés jeudi. Le secrétaire au Trésor américain, Scott Bessent, a affirmé que l’administration asphyxiait le régime iranien, le rendant incapable de payer ses soldats.
Téhéran, de son côté, continue d’afficher une posture ferme. Un conseiller militaire du nouveau guide suprême, Mojtaba Khamenei, a menacé dimanche de couler des navires de guerre américains et d’envoyer leurs forces « au cimetière », qualifiant Washington de « pirate ». La situation reste figée depuis l’entrée en vigueur d’un cessez-le-feu le 8 avril, après près de quarante jours de frappes israélo-américaines sur l’Iran et de représailles iraniennes dans la région.
Les points de discorde demeurent nombreux, entre le détroit d’Ormuz et le dossier nucléaire. Les efforts pour relancer les négociations, malgré une première rencontre directe au Pakistan le 11 avril, avaient jusqu’ici échoué. Téhéran a soumis une nouvelle proposition à Washington, qui y a répondu, a indiqué la diplomatie iranienne. Le porte-parole du ministère iranien des Affaires étrangères, Esmaïl Baghaï, a précisé que la partie américaine avait transmis ses points de vue par l’intermédiaire du Pakistan et que l’Iran examinait la réponse.
Donald Trump avait affirmé samedi qu’il étudierait la proposition iranienne, mais qu’il ne pouvait imaginer qu’elle soit « acceptable ». Les Gardiens de la révolution ont rétorqué que le président américain devait choisir entre « une opération militaire impossible ou un mauvais accord avec la République islamique ». Selon l’agence Tasnim, le plan iranien en quatorze points réclame le retrait des forces américaines des zones proches de l’Iran, la levée du blocus des ports iraniens et du gel des avoirs du pays, le financement de réparations, la levée des sanctions, un mécanisme concernant le détroit d’Ormuz et la fin de la guerre sur tous les fronts, y compris au Liban. Le dossier nucléaire, point central pour les États-Unis et Israël qui accusent l’Iran de vouloir se doter de la bombe atomique, ne figure apparemment pas dans le plan.
Sur le front libanais, après avoir de nouveau appelé des localités du sud du pays à évacuer, Israël a mené des frappes qui ont fait un mort et blessé huit personnes, dont quatre secouristes, a annoncé le ministère libanais de la Santé.
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