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Boeing de nouveau face à la justice pour le crash d’Ethiopian Airlines

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Le constructeur aéronautique américain comparaît lundi devant un tribunal civil de Chicago, à l’occasion d’un procès lié au décès d’une jeune passagère du vol ET302, dont l’appareil s’est écrasé en 2019.

Un nouveau volet judiciaire s’ouvre pour Boeing, ce lundi, devant un tribunal fédéral civil de Chicago. Sauf accord de dernière minute, les débats porteront sur la plainte déposée par les parents de Samya Stumo, une jeune femme de 24 ans décédée dans l’accident du 737 MAX 8 de la compagnie Ethiopian Airlines, survenu le 10 mars 2019. Cette catastrophe aérienne avait coûté la vie à 157 personnes.

Parmi les dizaines de recours civils intentés contre l’avionneur après ce drame, la quasi-totalité ont été résolus avant d’atteindre le stade du procès. Il n’en subsiste plus qu’une poignée, et l’affaire concernant Samya Stumo figure parmi celles qui n’ont pas encore trouvé d’issue négociée.

La jeune femme s’apprêtait à effectuer sa première mission pour l’organisation non gouvernementale ThinkWell, où elle venait d’être recrutée en tant qu’analyste. L’ONG a salué sa mémoire en la décrivant comme une personnalité prometteuse dans le domaine de l’amélioration de la santé mondiale. Son voyage devait la conduire au Kenya et en Ouganda, dans le cadre d’un projet soutenu par la fondation Bill et Melinda Gates, visant à renforcer l’accès aux soins dans six pays d’Afrique et d’Asie.

Le 10 mars 2019, Samya Stumo a embarqué à bord du Boeing 737 MAX 8 assurant le vol ET302. L’appareil s’est écrasé peu après son décollage de l’aéroport d’Addis-Abeba. Dès 2019, le constructeur a reconnu qu’un logiciel anti-décrochage avait joué un rôle dans cet accident, ainsi que dans celui d’un autre 737 MAX 8 de la compagnie indonésienne Lion Air, survenu le 29 octobre 2018. Ces deux catastrophes ont fait 346 morts au total.

Des proches de 155 victimes du vol Ethiopian ont déposé des plaintes civiles pour mort injustifiée et négligence. Toutes ces affaires ont été regroupées devant le juge fédéral Jorge Alonso, à Chicago. À ce jour, seuls deux procès ont été menés à leur terme. Le premier, en novembre 2025, a abouti à l’octroi de 28,45 millions de dollars d’indemnisation au conjoint survivant d’une victime. Le second, en janvier, a été suspendu après un accord trouvé hors tribunal au soir du deuxième jour. Après cette entente, les plaintes concernant quatre victimes restaient en suspens, dont celle de Samya Stumo.

Le procès Stumo devrait s’étendre jusqu’au 15 mai, selon une audience préparatoire tenue le 28 avril. La sélection des jurés est prévue pour lundi et mardi, tandis que les avocats présenteront leurs déclarations liminaires mercredi matin. Ces audiences civiles n’ont pas pour objet d’établir des responsabilités pénales, mais de déterminer le montant des compensations financières allouées aux familles.

Samya Stumo avait intégré l’université du Massachusetts Amherst à l’âge de 17 ans pour y étudier l’anthropologie et l’espagnol, après avoir passé sa dernière année de lycée au Pérou. Elle était ensuite retournée dans ce pays pour un programme de recherche sur la santé des populations autochtones des Andes, avant de poursuivre des études de santé publique à Copenhague et à Barcelone.

Depuis son décès, sa mère, Nadia Milleron, milite pour le renforcement de la sécurité aérienne. Nièce de l’ancien candidat écologiste à la présidence américaine Ralph Nader, elle se présente actuellement comme candidate indépendante pour un siège au Congrès du Massachusetts. Son père, Michael Stumo, travaille depuis février 2025 au Bureau du budget de la Maison Blanche. Il a dirigé pendant dix-huit ans la Coalition pour une Amérique prospère, une organisation favorable au protectionnisme. Les parents, tous deux avocats, ainsi que les deux frères de la victime, ont prévu de témoigner lors du procès.

Le prochain procès est fixé au 3 août, concernant le décès de Michael Ryan, un ingénieur irlandais employé par le Programme alimentaire mondial des Nations unies. De nombreux passagers du vol Ethiopian se rendaient à l’Assemblée des Nations unies pour l’environnement, qui se tenait à Nairobi.

En ce qui concerne l’accident de Lion Air, toutes les plaintes ont été résolues par des accords entre les parties. La dernière, relative à la seule victime étrangère du vol, un Italien de 26 ans, a été conclue fin février. Par ailleurs, après de multiples rebondissements depuis 2021, un juge texan a ordonné le 6 novembre 2025 l’abandon des poursuites pénales contre Boeing pour les deux catastrophes.

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