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Le contentieux territorial de l’Essequibo s’invite à La Haye

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La plus haute juridiction onusienne ouvre ce lundi les débats sur le fond du différend frontalier qui oppose le Guyana au Venezuela autour de la région pétrolifère de l’Essequibo, un litige vieux de plus d’un siècle.

La Cour internationale de justice, instance judiciaire suprême des Nations unies, entame l’examen approfondi du conflit territorial qui mine les relations entre ces deux États sud-américains. Le différend porte sur une zone de 160 000 kilomètres carrés, représentant les deux tiers de la superficie totale du Guyana, et dont les sous-sols regorgent d’hydrocarbures. Les audiences, programmées jusqu’au 11 mai, visent à déterminer la validité de la sentence arbitrale du 3 octobre 1899, rendue à l’époque coloniale britannique, qui avait fixé la frontière entre les deux pays.

Le Guyana plaide pour la reconnaissance et la ratification du tracé établi en 1899, tandis que le Venezuela, bien que présent aux audiences, conteste la compétence de la Cour dans cette affaire. Caracas s’appuie sur un accord signé en 1966 à Genève avec le Royaume-Uni, antérieur à l’indépendance du Guyana, et défend le fleuve Essequibo comme frontière naturelle, conformément à la délimitation en vigueur sous la colonisation espagnole en 1777.

Les tensions se sont intensifiées depuis la découverte en 2015 de gisements pétroliers par ExxonMobil, conférant au Guyana, pays de 800 000 habitants, l’un des plus importants ratios de réserves brutes par habitant au monde. Le premier tour des plaidoiries débutera lundi avec les arguments du Guyana, suivi mercredi par la présentation de la position vénézuélienne.

La CIJ, qui avait confirmé sa compétence en 2020 après des audiences préliminaires, avait enjoint fin 2023 au Venezuela de s’abstenir de toute action modifiant la situation dans le territoire contesté, à l’approche d’un référendum sur la création d’un nouvel État vénézuélien incluant l’Essequibo. Cette injonction a été réitérée en mai 2025, assortie d’une interdiction d’organiser des élections dans la région, ce que Caracas a catégoriquement rejeté en procédant à un scrutin pour désigner des représentants locaux.

Les appels répétés de l’ancien président Nicolás Maduro en faveur d’une annexion du territoire ont nourri les craintes d’un affrontement armé. Le président réélu du Guyana, Irfaan Ali, a réaffirmé en février que son pays restait en vigilance face à la menace pesant sur l’Essequibo, y compris après l’arrestation de Maduro le 3 janvier par les autorités américaines. Une récente polémique diplomatique a éclaté autour d’une broche dorée arborée par la présidente vénézuélienne par intérim, Delcy Rodríguez, représentant une carte incluant l’Essequibo, elle qui était auparavant en charge du dossier devant la CIJ.

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