Faits Divers
Le procès Balkany suspendu après un emportement de l’ancien élu


_**L’audience consacrée à l’emploi de policiers municipaux comme chauffeurs personnels a dû être interrompue jeudi, le président du tribunal correctionnel de Nanterre estimant que l’on frôlait l’outrage.**_
L’ancien maire de Levallois-Perret, Patrick Balkany, a de nouveau comparu devant la justice. Cette nouvelle audience, qui suit de près des réquisitions de dix-huit mois de prison ferme dans une autre affaire, portait sur l’utilisation présumée de fonctionnaires de police à des fins personnelles entre 2010 et 2015. Le parquet reproche à l’élu, aujourd’hui âgé de soixante-dix-sept ans, d’avoir détourné des fonds publics en affectant trois agents de la police municipale et un policier national à son service exclusif.
Les débats ont rapidement pris une tournure tendue. L’avocat de la défense a soulevé des exceptions de procédure, dénonçant de graves dysfonctionnements dans l’instruction du dossier, marquée selon lui par la succession de neuf magistrats instructeurs. Le ministère public s’y est opposé, arguant que la durée de l’enquête n’affectait pas le fond de l’affaire. La décision de la présidente de joindre cet incident au débat sur le fond a provoqué la vive réaction de l’ancien édile. Celui-ci a vivement contesté cette orientation, déclarant avec emphase que le maire était tenu pour responsable de tout, contrairement au juge. Face à cette sortie, la magistrate a estimé nécessaire de suspendre la séance pour plusieurs heures, jugeant que la ligne de l’outrage était sur le point d’être franchie.
Interrogé sur l’utilisation de véhicules de service, M. Balkany a d’abord répondu par l’ironie, évoquant des trajets à la plage pour y bâtir des châteaux de sable. Puis, revenant à un ton plus sérieux, il a justifié le recours à ces chauffeurs par des impératifs de sécurité. Il a rappelé avoir créé la police municipale de sa ville et énuméré les menaces pesant sur sa personne, dont une attaque violente contre son bureau le jour de son élection. Selon ses explications, cette solution, approuvée à l’époque par le ministre de l’Intérieur, permettait à la commune de réaliser des économies par rapport à une protection privée. Il a affirmé avoir toujours fait appel à des agents volontaires et spécialement formés.
Les témoignages lus à l’audience ont cependant dressé un tableau différent. Un ancien chauffeur a décrit des conditions de travail éprouvantes, ayant selon ses dires perdu huit kilos en une année. Il devait stationner de longues heures devant l’hôtel de ville et dormait une semaine sur deux dans la résidence privée des Balkany, où il affirme avoir été traité comme un domestique. Un autre agent, en poste pendant huit ans, a confirmé avoir accompagné le couple lors de séjours aux Antilles. S’il reconnaissait y être en vacances, il assurait également y effectuer des courses pour le compte de l’épouse de l’élu et y croiser leurs invités. L’ancien maire a accueilli ces récits avec sarcasme, assurant avoir toujours traité ses collaborateurs avec bienveillance et même leur avoir offert des places de spectacle.
L’audience doit se poursuivre vendredi pour l’examen des derniers éléments et les plaidoiries.





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