Europe
Le Parlement suédois écarte Magdalena Andersson, la Suède toujours sans gouvernement
Les députés ont massivement rejeté la candidature de la dirigeante sociale-démocrate pour former un gouvernement, un résultat qu’elle dit avoir anticipé.…


Les députés ont massivement rejeté la candidature de la dirigeante sociale-démocrate pour former un gouvernement, un résultat qu’elle dit avoir anticipé. Le pays reste bloqué et se rapproche un peu plus de nouvelles élections.
Un vote sans suspense, mais lourd de conséquences. Jeudi, 248 députés suédois ont voté contre la nomination de Magdalena Andersson au poste de Premier ministre, contre 99 en sa faveur. La cheffe des sociaux-démocrates n’a pas caché sa réaction devant la presse, expliquant que ce résultat était « entièrement attendu ». Le pays se retrouve ainsi toujours dépourvu de gouvernement, plusieurs semaines après des législatives qui n’ont dégagé aucune majorité claire.
Le scrutin du 13 septembre avait pourtant livré un verdict serré. Le bloc de centre-gauche a décroché 176 sièges, trois de plus seulement que les 173 obtenus par la droite du Premier ministre sortant Ulf Kristersson, qui compte dans ses rangs les Démocrates de Suède, formation hostile à l’immigration. Ce mince avantage n’a pas suffi à dégager une coalition. Au sein même du camp d’Andersson, deux partenaires se bloquent mutuellement. Le Parti du centre refuse tout gouvernement où le Parti de gauche obtiendrait des ministères, tandis que ce dernier prévient qu’il ne soutiendra qu’un exécutif de gauche auquel il participerait. Voilà pourquoi Andersson a déjà échoué deux fois à bâtir une coalition réunissant centristes et gauche radicale, et pourquoi elle a conclu mardi que les conditions n’étaient pas réunies.
La sortie de crise repose désormais sur Andreas Norlén, le président du Parlement. Il dispose de quatre tentatives pour proposer un candidat soumis au vote des députés. Passé ce délai, de nouvelles élections devront être convoquées. Avant de désigner qui tentera sa chance, il doit s’entretenir avec les chefs de parti. À mesure que l’hypothèse d’un retour aux urnes se précise, la pression monte sur les formations politiques, appelées à lâcher du lest sur leurs « lignes rouges ». Pour Magdalena Andersson, première femme à avoir dirigé la Suède, entre 2021 et 2022, l’équation reste pour l’instant insoluble. Elle résume la situation par une formule limpide, un Parlement où les blocages s’empilent à gauche, au centre comme à droite.
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