Politique
Retailleau face au « yoyo » des sondages, il garde le cap
Le candidat de la droite à la présidentielle refuse de se laisser déstabiliser par les enquêtes d’opinion, même quand elles le placent derrière un rival.…

Le candidat de la droite à la présidentielle refuse de se laisser déstabiliser par les enquêtes d’opinion, même quand elles le placent derrière un rival. Il mise sur le début d’année pour lancer la véritable bataille.
Bruno Retailleau ne tremble pas. Le candidat de la droite à la présidentielle a balayé jeudi, au micro d’une radio, l’idée que les études d’opinion puissent le faire vaciller. « C’est le yoyo », a-t-il lancé, rappelant que la campagne présidentielle ne démarre réellement qu’à partir de janvier ou février. Pour lui, rien de ce qui se publie aujourd’hui ne pèse sur sa « détermination » à rester dans la course. Un message clair, adressé autant à ses soutiens qu’à ceux qui le verraient déjà reculer.
La publication qui a relancé le débat vient d’un sondage diffusé mercredi, réalisé pour deux médias. Il place le maire de Cannes David Lisnard, ancien membre de la même famille politique, à 6 % des intentions de vote. Bruno Retailleau, lui, est crédité de 5 %. Le scénario testé est précis. Gabriel Attal et Edouard Philippe se présentent tous les deux pour représenter le bloc central, et Dominique de Villepin figure aussi dans l’équation. Dans ce contexte, le maire de Cannes passe devant le sénateur. Un cas de figure nouveau, puisque David Lisnard avait jusqu’ici été rarement mesuré dans les enquêtes. La donne change toutefois selon les configurations. Si Gabriel Attal est le seul à porter les couleurs du centre, Bruno Retailleau grimpe jusqu’à 8 %, son meilleur score.
Face à cette concurrence à droite, Bruno Retailleau a choisi l’apaisement plutôt que l’attaque. Il a redit que David Lisnard était « un ami », sans s’épancher davantage sur le duel que les chiffres suggèrent. Ce qu’il met en avant, c’est son propre « projet de rupture très complet ». Et il insiste sur un point qu’il juge mal perçu. Comme le maire de Cannes, il se décrit comme libéral sur le plan économique, mais pas seulement. « La droite, on a un cœur », a-t-il affirmé, évoquant la misère présente dans le pays, un appauvrissement qu’il juge important, et des services publics qui, pour lui, comptent.
Le reste de son intervention ressemble à une tentative de casser une étiquette. Bruno Retailleau le reconnaît à demi-mot. Son passage au ministère de l’Intérieur lui a collé une image de dureté, et certains de ses proches s’étonnent du décalage entre cette réputation et l’homme qu’ils côtoient. Il assume une part de conservatisme, mais revendique aussi un tempérament réformiste. De quoi tenter de dépasser le portrait de « réac » dans lequel il estime s’être un peu enfermé. Une façon de dire qu’il reste des cartes à jouer, loin des pronostics actuels.
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