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Le Parlement durcit la répression des fêtes illégales en milieu rural

Les députés ont adopté un texte renforçant significativement les sanctions contre l’organisation et la participation aux rassemblements musicaux non autorisés, une mesure vivement contestée par la gauche et les défenseurs des cultures alternatives.
L’Assemblée nationale a approuvé une proposition de loi visant à réprimer plus sévèrement les rassemblements festifs illicites communément appelés free parties. Le texte, porté par le groupe Horizons, a recueilli les suffrages de la majorité présidentielle et du Rassemblement National, face à l’opposition ferme des groupes de gauche. Il établit un nouveau régime de sanctions pénales à l’encontre des organisateurs et, pour la première fois, des participants eux-mêmes.
Les promoteurs de la loi invoquent les troubles récurrents causés par ces événements, en particulier pour les populations agricoles. Ils pointent les dégradations de propriétés, les nuisances sonores prolongées et la mobilisation importante des services de secours et des forces de l’ordre. La rapporteure du texte a insisté sur la nécessité de mettre fin à des pratiques qui, selon elle, s’affranchissent systématiquement du cadre légal, tout en niant vouloir stigmatiser une forme d’expression musicale.
Le dispositif législatif crée une infraction spécifique pour toute personne contribuant, de manière directe ou indirecte, à la préparation ou au déroulement d’une fête non déclarée ou interdite. Les contrevenants s’exposent à une peine pouvant atteindre six mois d’emprisonnement et 30 000 euros d’amende. Parallèlement, une amende forfaitaire de 1 500 euros est instaurée pour les simples participants, doublée en cas de récidive. La confiscation du matériel de sonorisation devient systématique.
Un autre volet du texte abaisse le seuil à partir duquel une déclaration en préfecture est obligatoire, le faisant passer de 500 à 250 personnes. Cette modification inquiète les opposants au projet, qui estiment qu’elle risque de criminaliser des rassemblements de taille modeste et généralement pacifiques. Pour eux, cette approche répressive poussera ces pratiques encore plus dans la clandestinité, aggravant les risques sanitaires et sécuritaires.
Les critiques dénoncent une vision sécuritaire et une atteinte à des formes de sociabilité non marchandes. Ils arguent que la réponse appropriée résiderait davantage dans la facilitation des démarches administratives pour des événements déclarés, plutôt que dans la pénalisation. Certains élus ont également mis en garde contre un glissement juridique consistant à sanctionner la simple présence à une fête.
Cette proposition de loi constitue une première étape. Le gouvernement a annoncé son intention d’aller plus loin avec son propre projet de loi, prévoyant des peines encore plus lourdes. Le texte adopté par les députés doit désormais être examiné par le Sénat.

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