Société
Le Nouvel Horizon Lunaire de Pékin


_**Alors que les États-Unis s’apprêtent à renvoyer des humains en orbite lunaire, la République populaire de Chine poursuit, avec une méthode implacable, son propre programme d’exploration habitée, visant une présence permanente sur notre satellite naturel.**_
L’ambition spatiale chinoise, structurée depuis plus de trois décennies, atteint aujourd’hui une phase décisive. Le pays, qui a développé ses capacités en autonomie après avoir été tenu à l’écart des coopérations internationales majeures, dispose désormais d’une station orbitale opérationnelle, Tiangong. Ce laboratoire en orbite terrestre constitue une plateforme indispensable pour maîtriser les technologies des vols de longue durée, une étape préalable aux expéditions plus lointaines.
La feuille de route est claire et se déploie avec une constance remarquable. L’objectif affiché est de faire marcher des taïkonautes sur la Lune avant la fin de cette décennie. Pour y parvenir, un nouvel écosystème technique est en cours de finalisation. Un vaisseau de nouvelle génération, le Mengzhou, doit effectuer son premier vol orbital d’essai en 2026. Une fusée lourde, la Longue Marche-10, indispensable pour l’envol vers notre satellite, a déjà réalisé ses premiers tests. En parallèle, le développement d’un atterrisseur lunaire habité, le Lanyue, est en cours.
La vision de Pékin va bien au-delà d’un simple alunissage symbolique. L’ambition est d’établir, à l’horizon 2035, une base scientifique internationale permanente près du pôle sud lunaire, en partenariat notamment avec la Russie. Ce projet, nommé Station internationale de recherche lunaire (ILRS), prévoit l’utilisation de technologies de construction in situ, comme l’impression 3D de modules à partir du régolithe lunaire. Une constellation de satellites, Queqiao, est également envisagée pour fournir communication et navigation autour de la Lune.
Cette approche méthodique, soutenue par des financements étatiques stables et une planification à long terme, contraste avec les aléas qui peuvent affecter les programmes d’autres nations. Les observateurs notent que la Chine avance sans évoquer de compétition frontale, présentant ses projets comme la suite logique de son développement scientifique. Toutefois, la perspective d’une installation humaine pérenne chinoise sur la Lune, la première du genre, modifierait incontestablement la géopolitique spatiale et poserait un défi stratégique aux ambitions similaires de Washington.
À plus long terme, les autorités spatiales chinoises voient dans cette base lunaire un tremplin pour valider les technologies nécessaires à une future mission habitée vers Mars, potentiellement après 2040. Pour l’instant, toute l’énergie est concentrée sur l’objectif intermédiaire, mais déterminant, d’une présence soutenue sur la Lune.





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