Culture
Le monde de la mode salue la mémoire de Valentino Garavani à Rome


La Fondation Valentino a accueilli mercredi une foule venue se recueillir devant la dépouille du couturier, décédé à l’âge de 93 ans. L’hommage, sobre et élégant, a réuni proches, collaborateurs et admirateurs.
Le cercueil en bois, surmonté d’une unique rose écarlate, était exposé dans une salle épurée du siège de la Fondation Valentino. Un chemin de lys et de roses blanches guidait les visiteurs vers la chapelle ardente, où le partenaire de toute une vie du créateur, Giancarlo Giammetti, veillait. Des centaines de personnes se sont succédé pour un dernier adieu à l’artiste, dont la carrière avait débuté en 1960.
L’atmosphère, empreinte de respect et de simplicité, reflétait la personnalité même du disparu. Une ancienne collaboratrice a évoqué un hommage à la mesure de l’homme, décrivant Valentino Garavani non seulement comme un artiste de génie, mais aussi comme une personne d’une courtoisie et d’un raffinement exceptionnels. Giancarlo Giammetti a pour sa part rappelé un professionnel exigeant et méticuleux, qui n’avait jamais cessé de rêver.
Devant la Fondation, les boutiques avaient baissé leurs stores, sur lesquels était inscrite la célèbre maxime du maître. Parmi les anonymes venus se recueillir, une admiratrice mexicaine, vêtue de noir mais aux lèvres teintées du rouge emblématique, a confié son attachement à une époque où la création procédait du cœur et de l’âme. Elle voyait en lui l’incarnation d’une beauté et d’une passion que le monde contemporain aurait perdues.
Les ouvrières de l’atelier voisin ont également tenu à rendre hommage à celui qu’elles décrivaient comme un maître exigeant mais toujours bienveillant. L’émotion était palpable, mêlée au sentiment d’assister à la fin d’une ère, quelques mois seulement après la disparition d’un autre monument de la mode italienne. Un mot déposé parmi les fleurs laissait imaginer les deux créateurs désormais vêtissant les anges.
Pour de nombreux Italiens présents, Valentino représentait bien plus qu’un couturier. Il était une part de l’identité nationale, un ambassadeur du style et de l’élégance à travers le monde. Une femme avait fait le déplacement spécialement, estimant de son devoir de saluer une légende dont elle avait suivi l’ascension depuis les années 1970. Posséder une de ses créations, disait-elle, c’était avant tout toucher du doigt la beauté absolue.
La dépouille de Valentino Garavani restera exposée pendant deux jours. Une cérémonie religieuse doit se tenir vendredi dans la capitale italienne, ultime étape des adieux à celui qui, pendant plus de six décennies, a habillé les plus grandes figures de son temps, des stars d’Hollywood aux têtes couronnées, et imposé sa vision d’une esthétique intemporelle.





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