Économie
Le littoral portugais, nouvel eldorado des fortunes internationales


Une côte préservée se transforme en destination prisée des célébrités et investisseurs, suscitant des inquiétudes environnementales et sociales parmi les populations locales.
Au-dessus des forêts de pins et des dunes qui bordent les plages sauvages du sud-ouest portugais, les grues des chantiers immobiliers dessinent une nouvelle silhouette. Cette région autrefois discrète, connue sous le nom de Comporta, se mue progressivement en refuge exclusif pour une clientèle internationale fortunée. Située à une heure de la capitale Lisbonne, la zone attire désormais des personnalités telles que Nicole Kidman ou la princesse Caroline de Monaco, au point d’être comparée à la Riviera ou aux Hamptons.
Le cabinet Knight Frank identifie cette destination parmi les cinq marchés résidentiels de luxe les plus convoités au monde, caractérisé par un art de vivre alliant nature préservée et élégance discrète. Le créateur Christian Louboutin compte parmi les précurseurs ayant implanté ici un établissement hôtelier, contribuant à cette métamorphose. L’établissement s’intègre dans le village rural de Melides, avec son architecture traditionnelle aux murs blanchis et volets bleus.
Cette évolution trouve son origine dans le démantèlement de l’empire financier de la famille Espirito Santo, précédent propriétaire d’un domaine de plus de douze mille hectares. La vente de vastes parcelles a ouvert la voie à des promoteurs portugais et internationaux, dont le groupe Vanguard Properties du Français Claude Berda ou l’américain Discovery Land and Company. Ce dernier développe actuellement un complexe intégrant golfe et villas premium.
Mais cette transformation suscite des résistances. L’association « Dunas Libres » alerte sur huit mégaprojets immobiliers menaçant les écosystèmes dunaires et les ressources en eau, dans une région régulièrement confrontée à la sécheresse. Les habitants dénoncent parallèlement une spéculation immobilière vertigineuse, où des biens valant vingt mille euros il y a vingt ans atteignent désormais le million. L’accès aux plages publiques devient plus difficile et le coût de la vie s’envole.
Certains résidents quittent les lieux, tandis que d’autres, comme Belinda Sobral, qui a repris la taverne familiale, tentent de préserver l’identité du territoire. Elle souligne que le développement touristique, s’il avait été mieux planifié et respectueux des communautés, aurait pu constituer une opportunité plutôt qu’une menace pour l’âme des lieux.





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