Société
Le lion ailé de Venise cacherait une origine chinoise millénaire


Une étude scientifique révèle que le célèbre symbole de la Sérénissime pourrait provenir d’une statue funéraire de la dynastie Tang, remontant au VIIe siècle.
La célèbre sculpture de bronze qui domine la place Saint-Marc depuis des siècles pourrait bien dissimuler une provenance insoupçonnée. Des chercheurs italiens avancent l’hypothèse selon laquelle ce lion emblématique, traditionnellement associé à l’identité vénitienne, aurait en réalité été forgé à partir de minerai de cuivre originaire de la vallée du Yangtsé, en Chine.
L’énigme de cette œuvre magistrale perdure depuis des générations. Son style artistique diffère notablement des canons esthétiques vénitiens de l’époque médiévale. Plusieurs indices techniques, notamment des modifications structurelles visibles – ailes transformées, oreilles raccourcies et vestiges de cornes – indiquent que la statue aurait connu une existence antérieure avant son installation sur la colonne de granit au XIIIe siècle.
L’analyse isotopique du plomb présent dans le bronze a livré des résultats surprenants. La signature géochimique du métal correspondrait à des gisements situés dans le bassin du fleuve Bleu, bien loin des ateliers de fonderie européens ou moyen-orientaux initialement envisagés. Cette découverte ouvre la perspective d’une origine extrême-orientale, remettant en cause les récits traditionnels sur la genèse du monument.
Les spécialistes suggèrent que le lion pourrait être une réinterprétation vénitienne d’une sculpture funéraire chinoise de la dynastie Tang, un *zhènmùshòu* destiné à garder les tombes impériales. La morphologie de ces créatures mythologiques – museau proéminent, crinière stylisée et attributs hybrides – présente des similitudes frappantes avec le lion de la place Saint-Marc.
Le mystère de son transfert vers l’Europe reste entier, mais les chercheurs évoquent une hypothèse audacieuse. Les marchands vénitiens Niccolò et Maffeo Polo, oncle et père du célèbre Marco Polo, auraient pu rapporter cette pièce démontée depuis la cour de Kubilai Khan à Pékin vers 1265. Transformée et réassemblée par des artisans locaux, elle serait devenue l’un des symboles les plus reconnaissables de la puissance maritime vénitienne, sans que son origine lointaine ne soit jamais soupçonnée.





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