Monde
Le Japon face au dilemme migratoire

Alors que la succession à la tête du Parti libéral-démocrate approche, la question de l’immigration s’impose comme un enjeu politique majeur dans un pays traditionnellement fermé.
Dans la banlieue tokyoïte de Warabi, Gur Sinan prépare des kebabs avec la conviction de celui qui a trouvé sa place. Cet employé turc exprime son attachement à son pays d’adoption où il souhaite s’établir durablement. Sa satisfaction contraste avec les débats qui animent la scène politique nippone, où la présence étrangère devient un sujet de division à l’approche de l’élection à la direction du parti au pouvoir.
Les deux principaux candidats en lice pour prendre les rênes du PLD affichent des positions fermes sur ce dossier. Sanae Takaichi prône une révision des politiques d’accueil, estimant nécessaire de limiter l’entrée de personnes aux cultures distinctes. Son concurrent Shinjiro Koizumi évoque quant à lui des craintes concernant l’emploi non déclaré et la sécurité publique. Ces prises de position interviennent dans un contexte économique difficile, marqué par une inflation persistante et un recul électoral de la majorité.
Le paradoxe japonais réside dans cette tension entre besoins économiques et réticences sociales. Une écrasante majorité de chefs d’entreprise se déclarent favorables à une augmentation de la main-d’œuvre étrangère pour pallier le vieillissement démographique et la diminution de la population active. Pourtant, les deux tiers des employeurs souhaitent voir instaurer des quotas d’immigration.
Certains partis politiques instrumentalisent cette ambivalence. La formation Sanseito, qui a réalisé une percée lors des dernières élections, reprend des thèmes populistes en attribuant aux étrangers la responsabilité de divers maux sociaux, de la flambée immobilière aux accidents de la route. Des manifestations anti-immigration ont ciblé les communautés kurdes établies dans la région de Warabi et Kawaguchi, où des résidents ont signalé des messages hostiles.
L’Association culturelle kurde du Japon dénonce une focalisation artificielle sur la question migratoire qui occulterait les véritables défis structurels du pays. Cette organisation estime que le débat sur les étrangers sert à détourner l’attention des échecs persistants en matière de relance économique et de natalité.
La sensibilité du sujet provoque parfois des réactions disproportionnées. Récemment, un programme d’échanges internationaux a dû être annulé suite à des protestations fondées sur des malentendus. De même, de fausses informations concernant des menus scolaires adaptés aux musulmans ont suscité des plaintes dans une municipalité.
À Warabi, où les résidents étrangers représentent plus de 12% de la population, la coexistence se révèle globalement apaisée malgré quelques difficultés pratiques. Les avis demeurent nuancés, comme en témoigne un retraité qui résume la situation en appelant à une voie médiane entre rejet systématique et accueil inconditionnel.

MondeEn Ligne 5 joursHaïti, 2 000 soldats salvadoriens débarquent et brouillent la carte sécuritaire
PolitiqueEn Ligne 7 joursMélenchon veut changer le patron de Bpifrance et faire gonfler l’épargne des Français
PolitiqueEn Ligne 5 joursLes maires de France perdent patience avec la double casquette de David Lisnard
CultureEn Ligne 6 joursEgrégore, le grand retour dansant de Mylène Farmer avec DJ Snake et Moby
PolitiqueEn Ligne 4 joursLe ministre écrit aux lycéens avant la rentrée pour défendre ses annonces
EuropeEn Ligne 6 joursAndorre retire la menace de prison aux femmes qui avortent, mais pas aux médecins
Faits DiversEn Ligne 5 joursTrois femmes accusent un gynécologue d’Ardèche de viols et de violences
SportsEn Ligne 4 joursÀ 40 ans, Giroud fait basculer le derby du Nord
















