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Le cri d’Amine Kessaci pour une révolte durable contre le narcotrafic


Au lendemain des obsèques de son frère Mehdi, le jeune militant marseillais exhorte la population à se soulever contre l’emprise des trafiquants, tandis que les pouvoirs publics sont sommés d’agir.
Amine Kessaci a rompu le silence mercredi, quelques jours après la mort de son frère cadet, Mehdi, abattu en pleine journée sur un parking marseillais. Dans une tribune publiée par Le Monde, le militant écologiste de 22 ans a lancé un appel solennel à une mobilisation collective et durable contre le narcotrafic. Il a également annoncé l’organisation d’une marche blanche silencieuse samedi après-midi, destinée à soutenir sa famille et à affirmer un refus commun de l’emprise des réseaux criminels.
« On ne peut pas tuer tout un peuple », a-t-il écrit, dénonçant une stratégie des trafiquants visant à « annihiler toute résistance » et à « étendre leur pouvoir sur nos vies ». Lors des obsèques de Mehdi, qui se sont déroulées sous protection policière renforcée, Amine Kessaci portait un gilet pare-balles, une mesure justifiée par les menaces qu’il subit depuis plusieurs mois. Il a par ailleurs regretté que la protection qui lui avait été accordée n’ait pas été étendue à ses proches, alors que sa famille a déjà été frappée par la violence des trafics – son frère Brahim avait été tué en 2020 dans un règlement de comptes.
Ce nouvel assassinat a relancé avec acuité le débat sur la lutte anti-drogue et les moyens qui lui sont alloués. Le maire de Marseille, Benoît Payan, a exprimé son soutien à la marche blanche et dénoncé un « relâchement » dans la politique de sécurité, pointant du doigt la suppression du poste de préfet de police et une recrudescence récente des violences. Il a estimé que les trafiquants « cherchent à nous faire taire » et a appelé l’État à réagir avec fermeté.
La visite annoncée du ministre de l’Intérieur et du garde des Sceaux à Marseille, jeudi, témoigne de l’attention portée au dossier au plus haut niveau. Emmanuel Macron a pour sa part évoqué la nécessité d’une approche renforcée, comparable à celle déployée contre le terrorisme, et critiqué les « bourgeois des centres-villes » qui contribuent, selon lui, à financer ce commerce illégal.
Engagé de longue date contre le narcotrafic, Amine Kessaci avait rejoint les écologistes après le meurtre de son aîné et s’était présenté à plusieurs scrutins pour porter la voix des quartiers populaires. Son frère Mehdi, âgé de 20 ans, souhaitait devenir policier et n’avait, selon ses proches, aucun lien avec les trafics.





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