Planète
Le ciel de Pékin s’éclaircit, un défi national persiste


Les efforts déployés depuis une décennie ont métamorphosé la qualité de l’air dans la capitale chinoise. Cette amélioration notable ne doit cependant pas masquer l’ampleur du chemin restant à parcourir pour l’ensemble du pays.
Il y a quelques années, les berges de la rivière Liangma à Pékin étaient souvent désertées, voilées par un brouillard épais et nocif. Aujourd’hui, ces mêmes lieux sont fréquentés par des promeneurs et des retraités venus pratiquer leur gymnastique quotidienne. Cette transformation spectaculaire est le fruit d’une politique publique volontariste engagée par les autorités pour assainir l’atmosphère de l’une des mégapoles jadis les plus affectées au monde.
Si de nombreuses agglomérations chinoises enregistrent encore des dépassements des seuils recommandés par les instances sanitaires internationales, la situation s’est nettement améliorée comparée aux pics de pollution du passé. Les concentrations de particules fines PM2,5, particulièrement dangereuses pour la santé, ont chuté de près de soixante-dix pour cent à Pékin depuis 2013. À l’échelle nationale, cette baisse est évaluée à plus de quarante pour cent sur la dernière décennie, une progression qui se traduirait par un gain d’espérance de vie.
Cette dégradation atmosphérique, héritage d’une croissance économique rapide et d’une dépendance historique au charbon, avait atteint son paroxysme au milieu des années 2010. Des épisodes récurrents de smog avaient alors conduit à des mesures exceptionnelles, comme l’installation de dômes sur des terrains de sport scolaires. La prise de conscience collective et la publication d’un plan d’action national ont marqué un tournant. Un ensemble de mesures strictes a été déployé, incluant le renforcement des contrôles, la fermeture ou le déplacement d’installations polluantes, et la promotion des véhicules électriques.
Les résultats, qualifiés de remarquables par certains observateurs, sont indéniables dans les régions initialement ciblées. L’approche a depuis été généralisée. Pour autant, la lutte est loin d’être terminée. La définition locale d’un air « bon » reste bien supérieure aux recommandations internationales. Les progrès semblent ralentir, les mesures les plus immédiates ayant été mises en œuvre. La pollution tend par ailleurs à se déplacer géographiquement avec la relocalisation de certaines industries.
L’avenir de cette bataille pour un air plus sain repose désormais sur une transition énergétique approfondie. La position dominante acquise par la Chine dans les énergies renouvelables ouvre une perspective encourageante, comme en témoigne la légère baisse de la production électrique au charbon enregistrée l’an dernier. Les experts s’accordent sur le fait que la prochaine étape du développement devra impérativement s’appuyer sur un abandon progressif des combustibles fossiles.





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