Économie
Le Canadair renaît face à l’intensification des feux de forêt

Alors que les incendies se multiplient à travers le monde, la production de l’emblématique avion-citerne canadien reprend après des années d’interruption, répondant à une demande croissante des pays confrontés à des saisons dévastatrices.
Dans un atelier de Calgary, au Canada, des techniciens s’activent autour d’un appareil dont la fabrication avait cessé il y a près d’une décennie. Le Canadair, célèbre bombardier d’eau, connaît un retour inattendu sur les chaînes d’assemblage. La décision de suspendre sa production en 2015, faute de commandes suffisantes, a été révisée face à la recrudescence des incendies forestiers en Amérique du Nord et en Europe. Les pays touchés par ces phénomènes réclament désormais ces avions spécialisés, poussant le constructeur à relancer leur fabrication.
Le modèle historique CL-215, développé à la fin des années 1960, et son successeur le CL-415, restent des références dans la lutte aérienne contre les flammes. Leur capacité à prélever plus de six mille litres d’eau en seulement douze secondes, en effleurant les surfaces lacustres ou maritimes, en fait des outils uniques. Contrairement à la plupart des avions-citernes, le Canadair n’a pas besoin de se poser pour se réapprovisionner, ce qui accélère considérablement les interventions.
Récemment, six nations européennes ont passé une commande groupée de vingt-deux appareils de nouvelle génération, actant le retour en grâce de cet hydravion. Les responsables de De Havilland Canada, détenteur des droits de fabrication, ont opté pour une modernisation du modèle existant plutôt que pour une conception entièrement nouvelle. L’avionique et le poste de pilotage ont été intégralement repensés, s’inspirant des technologies des avions de ligne contemporains, tandis que la silhouette caractéristique de l’appareil a été préservée.
Les observateurs estiment les besoins mondiaux entre 250 et 350 unités, soit plusieurs décennies de production au rythme actuel. Toutefois, la fabrication reste largement artisanale. Chaque exemplaire requiert l’assemblage manuel de dizaines de milliers de pièces, ce qui limite la cadence à une dizaine d’appareils par an. Des voix s’élèvent pour réclamer des investissements substantiels afin d’accroître les capacités de production, jugées insuffisantes au regard de l’urgence climatique.
Les pilotes expérimentés saluent les qualités de stabilité et de précision du Canadair, qui permet des manœuvres à basse vitesse et des largages rapprochés. Son retour en service apparaît comme une réponse nécessaire face à l’amplification des feux de forêt, mais les moyens actuels ne permettront pas, selon les spécialistes, de couvrir l’ensemble des besoins opérationnels à l’échelle internationale.

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