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L’avenir de Taïwan ne se négocie pas de l’extérieur, prévient le président Lai Ching-te

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Le chef de l’État taïwanais a fermement rejeté toute ingérence étrangère dans le destin de l’île, dans un discours marquant le deuxième anniversaire de son mandat, alors que les pressions de Pékin sur Washington s’intensifient.

Mercredi, Lai Ching-te a déclaré que l’avenir de Taïwan ne saurait être dicté par des puissances extérieures, ni être sacrifié sur l’autel d’intérêts partisans ou de calculs à court terme. Cette mise en garde intervient quelques jours après que le président américain Donald Trump a laissé entendre que les ventes d’armes à Taïwan pourraient servir de monnaie d’échange dans ses discussions avec la Chine, qui considère l’île comme une province inaliénable de son territoire.

Ces propos de M. Trump faisaient suite à sa visite à Pékin, où le président chinois Xi Jinping l’avait averti des risques liés à la question taïwanaise. Depuis lors, les autorités de Taipei affirment que la politique américaine à l’égard de l’île n’a pas changé et que M. Trump n’a pris aucun engagement concret avec la Chine concernant les livraisons d’armes.

Pour Taipei, la Chine demeure la source principale de l’instabilité régionale, et les ventes d’armes américaines représentent un gage de protection de la démocratie taïwanaise. Lai Ching-te a insisté sur la nécessité pour Taïwan de se doter des moyens de se défendre et de contribuer à la paix et à la stabilité dans le détroit de Taïwan, large de 130 kilomètres à son point le plus étroit.

Devant la presse, il a justifié l’augmentation des dépenses de défense comme un moyen d’éviter un conflit, et non de le provoquer. Il a reconnu que les menaces étaient plus pressantes que jamais. Le président taïwanais s’est dit prêt à engager des échanges sains et ordonnés avec la Chine sur un pied d’égalité, mais a réaffirmé qu’il ne sacrifierait ni la souveraineté de l’île ni son mode de vie démocratique.

Depuis son retour à la Maison Blanche, Donald Trump incite Taïwan à accroître ses investissements dans sa propre défense. Le Parlement taïwanais a récemment approuvé un budget de 25 milliards de dollars pour l’acquisition d’armements américains, dont Taïwan dépend largement en cas d’éventuelle attaque chinoise. Cette enveloppe doit notamment financer une commande de 11,1 milliards de dollars annoncée en décembre, ainsi qu’une seconde vague d’achats encore en attente de validation par Washington. Donald Trump a indiqué qu’il étudiait cette seconde tranche et qu’il prendrait une décision sous peu.

Les États-Unis sont tenus de fournir des armes défensives à Taïwan en vertu du Taiwan Relations Act, adopté en 1979 après la reconnaissance de la République populaire de Chine par Washington, à condition que l’île ne proclame pas son indépendance. Lai Ching-te a annoncé qu’il soulignerait, s’il avait l’occasion de s’entretenir avec Donald Trump, que son gouvernement maintient le statu quo et que la Chine sape la paix et la stabilité. Le président américain a évoqué la possibilité d’un appel entre les deux dirigeants, sans en préciser les modalités.

Une telle conversation constituerait un tournant majeur dans la diplomatie américaine et risquerait de provoquer une rupture avec Pékin. Lors de ses entretiens avec Donald Trump, Xi Jinping avait prévenu que toute erreur sur le dossier taïwanais pourrait dégénérer en conflit.

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