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L’avenir calédonien dans l’impasse après la visite infructueuse de Manuel Valls


Le ministre des Outre-mer quitte l’archipel sans avoir obtenu l’adhésion du FLNKS à l’accord de Bougival, laissant planer de sérieux doutes sur la viabilité du texte.
Manuel Valls a clos mardi une mission de plusieurs jours en Nouvelle-Calédonie sans parvenir à desserrer l’étau des blocages politiques. Le principal mouvement indépendantiste, le FLNKS, a réaffirmé son opposition catégorique à l’accord signé en juillet dans les Yvelines, lors d’une ultime rencontre de plus de trois heures avec le ministre. Malgré la prolongation de son séjour initialement prévu jusqu’à samedi, aucune avancée notable n’a pu être enregistrée.
Le Front maintient sa demande exclusive de discussions bilatérales avec l’État sur la pleine souveraineté avant 2027, une position jugée irrecevable par Paris. Le ministre a pour sa part assuré que la porte restait ouverte et que de nouveaux échanges auraient lieu prochainement dans la capitale. Il a également invité le FLNKS à renouer le dialogue avec les autres forces politiques calédoniennes, toutes favorables au compromis de Bougival à l’exception du mouvement historique.
Ce texte prévoit la création d’un État associé doté d’une nationalité propre tout en demeurant inscrit dans la Constitution française. Il reporte par ailleurs les élections provinciales à mi-2026, un délai crucial pour l’équilibre institutionnel local. Les partisans de l’accord estiment qu’il offre une voie de stabilisation, tandis que les opposants y voient une entrave à l’exercice du droit à l’autodétermination.
L’absence du FLNKS fragilise considérablement la portée du projet, comme l’a souligné une formation centriste locale, pour qui un accord de décolonisation ne saurait être viable sans l’adhésion du principal mouvement indépendantiste. La situation demeure d’autant plus sensible que les tensions politiques s’accompagnent de préoccupations sécuritaires, après les graves violences survenues en mai 2024.
Le calendrier législatif s’annonce par ailleurs serré. Le projet de loi constitutionnelle doit être présenté en conseil des ministres le 17 septembre, avant une adoption prévue au Congrès de Versailles en décembre. Cette échéance pourrait toutefois être compromise par l’incertitude politique nationale, notamment le vote de confiance sollicité par le gouvernement le 8 septembre.





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