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Économie

Belgique : Bruxelles veut nationaliser ses réacteurs nucléaires

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Le gouvernement belge a annoncé l’ouverture de négociations exclusives avec le groupe français Engie en vue de racheter l’intégralité de ses activités nucléaires dans le pays. L’exécutif entend ainsi reprendre la main sur un pan stratégique de son approvisionnement énergétique.

Le Premier ministre belge, Bart De Wever, a officialisé jeudi le lancement de discussions formelles avec Engie pour une reprise par l’État de l’ensemble du parc nucléaire exploité par le groupe français. Cette décision, matérialisée par une lettre d’intention, prévoit notamment la suspension immédiate du calendrier de démantèlement des réacteurs déjà mis à l’arrêt. L’objectif affiché est d’aboutir à un contrôle public total des installations.

Engie possédait jusqu’à présent sept réacteurs en Belgique, répartis entre les sites de Tihange, dans l’est du pays, et de Doel, au nord. Seuls deux d’entre eux, Doel 4 et Tihange 3, avaient été prolongés pour une durée de dix ans dans le cadre d’un accord signé en 2023 avec l’ancienne coalition gouvernementale. Les cinq autres unités ont été progressivement déconnectées du réseau électrique ces trois dernières années.

Arrivé au pouvoir en début d’année, Bart De Wever n’a jamais dissimulé son ambition de relancer la filière nucléaire au-delà de cette double prolongation, y compris en envisageant la construction de nouveaux réacteurs. Le chef du gouvernement a souligné sa volonté de réduire la dépendance aux importations d’énergies fossiles et de renforcer la maîtrise nationale de la production électrique.

Selon le communiqué conjoint publié par l’exécutif belge et Engie, la transaction envisagée porte sur l’ensemble des actifs nucléaires détenus et exploités par le groupe français, incluant les sept réacteurs ainsi que le personnel des filiales concernées. Sont également compris les passifs associés, notamment les obligations de démantèlement et de déclassement des installations. Les deux parties se sont fixé pour objectif de conclure un protocole d’accord détaillant les modalités financières et juridiques de l’opération d’ici au 1er octobre, sans qu’aucun montant n’ait encore été évoqué.

Cette annonce intervient quelques semaines après l’adoption par le Parlement belge d’une loi abrogeant le texte de 2003 qui actait la sortie progressive du nucléaire. Ce revirement législatif supprime toute interdiction de construire de nouvelles capacités de production atomique sur le territoire. Malgré ce changement de cap, Engie avait réaffirmé à plusieurs reprises son intention de se désengager du nucléaire en Belgique, son PDG pour le pays ayant déclaré en décembre que le développement de centrales ne correspondait plus à la stratégie du groupe.

Le nucléaire représente actuellement environ un tiers de l’électricité produite en Belgique. La coalition dirigée par Bart De Wever entend maintenir cette filière comme un pilier du mix énergétique, en complément du développement des énergies renouvelables. Cette orientation suscite toutefois de vives critiques, notamment de la part des écologistes. Le parti belge Ecolo a dénoncé une décision qui ferait peser sur l’État des coûts considérables et des risques financiers à long terme, tandis que des voix allemandes se sont élevées pour rappeler les inquiétudes suscitées outre-Rhin par le site de Tihange.

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