Culture
Landmvrks, quand le metalcore épouse les rythmes urbains


Le quintette marseillais constate un décloisonnement croissant entre metal et rap, deux univers désormais poreux qui s’enrichissent mutuellement.
Sur la scène du Cabaret vert à Charleville-Mézières, Landmvrks incarne cette hybridation musicale où les frontières entre genres s’estompent. Le groupe, dont le nom joue avec une typographie stylisée, observe une tendance plus large. Les emprunts au metal se multiplient dans le rap et l’électro, tandis que lui-même puise allègrement dans ces influences pour forger son identité.
Le phénomène n’est pas isolé. Aux États-Unis comme en France, les musiques extrêmes connaissent un regain d’intérêt, comme en témoigne l’impact retentissant de Gojira lors des Jeux Olympiques de Paris 2024. Florent Salfati, chanteur et cofondateur du groupe, relève des emprunts évidents. Les rappeurs invitent désormais leur public à former des « pogo » ou des « walls of death », des rituels nés dans la mouvance punk et metal. Une réappropriation qui dessine une circulation inédite des codes entre cultures urbaines et scènes alternatives.
Cette porosité s’enracine dans une histoire commune. Des groupes comme Rage Against the Machine ou Linkin Park ont jadis marié rap et riffs abrasifs, traçant une voie que Landmvrks emprunte à son tour. Leur dernier album, *The Darkest Place I’ve Ever Been*, illustre cette dualité, mêlant mélodies aériennes et vocaux saturés. Leur énergie scénique, testée au Hellfest et bientôt exportée en Amérique du Nord, repose sur cette alchimie.
Marseille, souvent associée au rap, révèle aussi une scène metal vivace. Le groupe Novelists, qui accompagnera Landmvrks en tournée, en est un autre exemple. « On a grandi dans le hardcore local », rappelle Salfati, soulignant l’effervescence artistique de la ville. Preuve de cette dynamique, les Foudres, nouvelle cérémonie dédiée au metal, s’apprêtent à investir le Bataclan, trois ans après la création des Flammes pour le rap.
Entre puissance sonore et liberté brute, Landmvrks défend une vision du concert comme expérience collective. « C’est un cri immense, un espace où tout le monde se retrouve », résume le chanteur. Une philosophie qui transcende les genres et séduit un public toujours plus large, avide de cette énergie sans compromis.





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