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L’Allemagne va produire chez elle des armes américaines pour ne plus dépendre des stocks limités

Berlin veut fabriquer localement des missiles Patriot et d’autres équipements clés made in USA. L’objectif est clair : sécuriser l’approvisionnement des…

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L'Allemagne va produire chez elle des armes américaines pour ne plus dépendre des stocks limités

Berlin veut fabriquer localement des missiles Patriot et d’autres équipements clés made in USA. L’objectif est clair : sécuriser l’approvisionnement des forces allemandes sans attendre les lignes de production américaines saturées.

La demande mondiale pour certains systèmes d’armement américains explose. Missiles, intercepteurs, batteries Patriot tout y passe. L’Ukraine en a englouti des quantités énormes. Les opérations dans le Golfe aussi. Résultat : les stocks fondent et les usines américaines peinent à suivre. Le ministre allemand de la Défense, Boris Pistorius, l’a dit clairement mercredi : les capacités de production des États-Unis ne suffisent plus. Alors l’Allemagne propose une solution radicale. Produire directement sur son sol les armements américains dont son armée a besoin. Pas question de remplacer totalement les importations, mais de fabriquer certains systèmes ou leurs composants en Allemagne, sous licence ou en coopération.

Cette démarche ne signifie pas que Berlin tourne le dos aux États-Unis. Bien au contraire. Pistorius insiste : personne ne veut renoncer aux systèmes américains, surtout que l’Europe n’a pas d’équivalent pour certains d’entre eux. Des armements indispensables, et ce pour au moins cinq à dix ans. L’idée est de combiner les forces. Garder l’accès aux technologies américaines tout en sécurisant la production près de chez soi. Une manière de répondre aux tensions sur les chaînes d’approvisionnement, mais aussi de préparer l’avenir. Car en parallèle, l’Allemagne et plusieurs pays européens veulent développer leur propre industrie de défense. La menace d’un désengagement américain plane, avec Donald Trump qui promet de réduire la présence militaire des États-Unis en Europe.

Le chancelier Friedrich Merz et le secrétaire général de l’Otan, Mark Rutte, étaient présents lors de l’annonce. Rutte a salué les efforts allemands pour renforcer l’armée. Le prochain sommet de l’Alliance, prévu début juillet, devrait justement porter sur le renforcement des industries de défense européennes. Un message clair : même si la guerre en Ukraine s’arrêtait demain, la Russie resterait une menace durable pour la sécurité euro-atlantique. Il faut donc agir vite. Produire plus, mieux, et plus près. L’Allemagne montre la voie en misant sur un double mouvement : plus d’indépendance, sans couper le lien avec Washington.

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