Nous rejoindre sur les réseaux

Monde

L’Alberta aux urnes pour décider si elle veut un jour quitter le Canada

La province pétrolière vote sur l’organisation d’un futur référendum d’indépendance. Un rendez-vous qui met à l’épreuve l’unité canadienne, alors que la…

Article

le

L'Alberta aux urnes pour décider si elle veut un jour quitter le Canada

La province pétrolière vote sur l’organisation d’un futur référendum d’indépendance. Un rendez-vous qui met à l’épreuve l’unité canadienne, alors que la guerre commerciale avec Washington bat son plein.

Le dépouillement a démarré en Alberta. Les autorités comptabilisent les bulletins de ce scrutin pas comme les autres, portant sur l’organisation d’un futur référendum d’indépendance. Sur 3,1 millions d’électeurs inscrits, environ 1,4 million de votes doivent être examinés. Les résultats étaient attendus rapidement, mais ils arriveront plus tard que prévu. En cause, une centaine de bureaux ouverts tard dans la matinée et dont la fermeture a été repoussée.

Au cœur du vote, la question 10. Elle propose deux chemins. Rester au sein du Canada, ou confier au gouvernement provincial le mandat d’organiser un référendum contraignant sur l’indépendance. Le bulletin compte dix questions au total, dont plusieurs touchent à la gestion de l’immigration. L’histoire récente éclaire ce rendez-vous. Au printemps, les séparatistes avaient réuni assez de signatures pour déclencher un référendum d’initiative populaire. Un juge local l’a annulé pour des raisons constitutionnelles. Danielle Smith, la dirigeante conservatrice de la province, opposée à l’indépendance mais dont le parti abrite des séparatistes, a alors choisi de lancer sa propre consultation.

L’enjeu dépasse largement la politique. L’Alberta possède, avec ses sables bitumineux, les quatrièmes réserves prouvées de pétrole de la planète. Les indépendantistes affirment que l’État fédéral a étouffé cette industrie à coups de réglementations environnementales sous Justin Trudeau. « Nous nous sentons volés, floués, maltraités », a lancé Sandy Martel, 61 ans, lors d’un rassemblement séparatiste à Edmonton. Mark Carney, le Premier ministre, a pris le contrepied de son prédécesseur. Il veut bâtir un nouvel oléoduc pour exporter le pétrole vers l’Asie et réduire la dépendance du Canada envers les États-Unis. Il a appelé sur X à « voter pour le Canada », en mettant en garde les partisans de l’unité contre un manque de mobilisation. Mitch Sylvestre, figure séparatiste, lui reproche d’avoir « menacé » la province en jugeant dangereux un vote contre le Canada. « C’est très très déraisonnable », a-t-il estimé.

Les sondages, eux, donnent les indépendantistes loin derrière. Moins de 25 % des cinq millions d’habitants de la province se disent favorables à une sécession. Le mouvement, longtemps marginal, a pourtant trouvé des oreilles à l’étranger. L’administration Trump, qui menace régulièrement de faire du Canada le 51e État américain, s’y intéresse. Des séparatistes ont été reçus au département d’État il y a plusieurs mois, et Elon Musk a défendu la sécession à l’automne. À Edmonton, David Gallagher, 58 ans, a voté pour rester dans le pays. « Aucun des arguments n’a de sens », dit-il. Cody Porter, acteur de 48 ans, juge « important » de se « présenter unis » face à « une claire interférence de la part d’autres gouvernements ».

La suite ne se joue pas seulement en Alberta. Au Québec, le Parti québécois, vainqueur des élections à l’automne, promet un nouveau référendum d’indépendance. Et le scrutin albertain pourrait lui-même être contesté. La manipulation de contenus via l’intelligence artificielle et les accusations d’ingérence américaine inquiètent les spécialistes. « Il est probable qu’une partie de la population perçoive ce scrutin comme volé ou injuste », prévient Aengus Bridgman, directeur du Media Ecosystem Observatory à l’Université McGill de Montréal.

À lire aussi

Click to comment

Laisser un commentaire

Votre adresse e-mail ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *

Les + Lus