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Roumanie, un cabinet de transition pour débloquer le pays

Luca Niculescu, ancien diplomate et journaliste, espère obtenir la confiance du Parlement pour former un gouvernement soutenu par trois partis…

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Roumanie, un cabinet de transition pour débloquer le pays

Luca Niculescu, ancien diplomate et journaliste, espère obtenir la confiance du Parlement pour former un gouvernement soutenu par trois partis pro-européens. Il veut mettre fin à des mois de blocage politique, sans ouvrir la porte à l’extrême droite.

Le Parlement roumain doit se prononcer sur le gouvernement proposé par Luca Niculescu, chef de gouvernement désigné et figure pro-européenne. Âgé de 55 ans, cet ancien diplomate et journaliste est la quatrième personne chargée de former un cabinet depuis la chute de la coalition au pouvoir. Trois partis pro-européens ont promis de le soutenir, ce qui devrait lui assurer une majorité.

Sans étiquette politique, Luca Niculescu a bâti une équipe qui mélange ministres du Parti social-démocrate, principale force du pays, et technocrates. Il défend un attelage peu fréquent en Roumanie, mais adapté selon lui à la situation. Après des mois de turbulences, le pays a besoin d’un gouvernement capable de trancher vite.

La crise politique dure depuis la chute d’une coalition pro-européenne de quatre partis dirigée par le libéral Ilie Bolojan. Depuis, l’Alliance pour l’union des Roumains, formation d’extrême droite, domine les sondages avec près de 40 % des intentions de vote et réclame des élections anticipées. Le président centriste Nicusor Dan écarte cette piste. Il juge qu’un nouveau scrutin prolongerait l’instabilité et aggraverait les finances publiques. Il refuse aussi toute participation de l’extrême droite au gouvernement.

Le chef de l’État a choisi Luca Niculescu en comptant sur son expérience diplomatique pour réduire les divisions et rassembler une majorité. Aujourd’hui secrétaire d’État aux Affaires étrangères, il supervise le dossier d’adhésion de la Roumanie à l’OCDE. Il a occupé plusieurs postes diplomatiques, notamment en France. Ancien journaliste, il a dirigé une rédaction de radio internationale et travaillé comme correspondant pour plusieurs rédactions.

Membre de l’Union européenne et de l’OTAN, la Roumanie partage une frontière avec l’Ukraine. Son instabilité politique s’est installée après l’annulation d’une élection présidentielle sur fond d’accusations d’ingérence russe. Les législatives organisées ensuite ont donné un Parlement fragmenté, avec environ un tiers des sièges pour l’extrême droite. Le PSD a quitté la coalition à cause de désaccords avec Ilie Bolojan sur la politique budgétaire et les mesures d’austérité. Il s’est ensuite allié à l’extrême droite pour faire adopter une motion de censure, provoquant la chute du gouvernement.

Les libéraux de l’ancien Premier ministre, passés dans l’opposition, voteront pour le cabinet de Luca Niculescu. Ilie Bolojan a défendu un gouvernement opérationnel pour éviter l’effondrement de certaines institutions publiques et de services de base. Le candidat bénéficie aussi du soutien de l’UDMR, parti de la minorité hongroise.

Reste à savoir combien de temps ce cabinet de circonstance tiendra. Le PSD a prévenu qu’il réévaluerait la situation dans six mois. Les libéraux promettent pour l’instant de le soutenir le temps de faire adopter le budget 2027. L’analyste politique Sergiu Miscoiu anticipe des tensions entre ministres social-démocrates et technocrates. Il craint une nouvelle série d’hostilités rapidement. Selon lui, le chef du gouvernement devra surtout jouer les pompiers, éteindre les incendies et faire avancer les dossiers dans les circonstances actuelles.

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