Nous rejoindre sur les réseaux

Europe

L’Europe veut muscler son jeu dans l’Arctique face à Washington et Moscou

Bruxelles présente une feuille de route pour renforcer sa présence dans le Grand Nord, sans budget supplémentaire, après les velléités de Donald Trump sur…

Article

le

L'Europe veut muscler son jeu dans l'Arctique face à Washington et Moscou

Bruxelles présente une feuille de route pour renforcer sa présence dans le Grand Nord, sans budget supplémentaire, après les velléités de Donald Trump sur le Groenland. Brise-glaces, surveillance maritime et câble sous-marin font partie des priorités.

L’Union européenne met sur la table une stratégie pour l’Arctique. Le document ne cite pas Donald Trump, mais son ombre plane sur le dossier. Le président américain a affiché son intention de prendre le contrôle du Groenland, un territoire autonome danois. La crise a été mise en pause par un accord signé à New York entre le Danemark, les États-Unis et le Groenland. Les Européens en sortent secoués et veulent avancer ensemble pour peser davantage dans la région. Ils gardent aussi en tête la présence d’une Russie hostile.

La proposition portée par Ursula von der Leyen et ses équipes mise sur plusieurs leviers. Elle prévoit de renforcer la flotte européenne de brise-glaces, indispensables pour naviguer sur des routes de plus en plus stratégiques. Elle veut aussi améliorer la surveillance afin de repérer les navires de la flotte fantôme. À plus long terme, l’UE envisage un câble sous-marin reliant l’Europe au Japon en passant par l’Arctique et le Canada. Les États-Unis ne sont pas mentionnés pour ce projet.

Un commissaire européen, Jozef Síkela, résume l’ambition en ces termes. « Les nouvelles dynamiques dans l’Arctique nécessitent que l’Europe soit un partenaire fort et fiable », dit-il. Aucun financement supplémentaire n’est prévu dans cette proposition. Ursula von der Leyen a déjà annoncé 200 millions d’euros pour le Groenland. Ce territoire veut utiliser ces fonds pour des projets concrets, notamment un meilleur accès à internet. Bruxelles espère y gagner une diversification de son accès aux matières premières critiques, très dépendant de la Chine.

Le texte préconise aussi de renforcer la coopération avec des pays non membres de l’UE qui partagent les mêmes objectifs, comme le Canada, le Royaume-Uni et la Norvège. Il propose d’organiser régulièrement un sommet des partenaires du voisinage nordique. Les États-Unis pourraient y participer. Washington, longtemps allié clé dans la région, n’est pas cité pour le câble sous-marin, mais reste dans le jeu.

L’Arctique se réchauffe près de quatre fois plus vite que la moyenne mondiale, avec de lourdes conséquences pour les écosystèmes et les populations locales. Bruxelles insiste sur les renouvelables. La fonte de la banquise ouvre de nouvelles perspectives économiques et stratégiques. La Russie, la Chine et les États-Unis ont renforcé leur présence pour accéder aux ressources naturelles et développer des routes maritimes. Des porte-conteneurs chinois et sud-coréens ont emprunté la route maritime du Nord, qui traverse les eaux territoriales russes, pour en tester la viabilité. Cette voie reste navigable plus longtemps à mesure que la banquise recule.

À lire aussi

Click to comment

Laisser un commentaire

Votre adresse e-mail ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *

Les + Lus