Économie
L’acier français au bord de la rupture


Une rentrée sociale particulièrement tendue dans la sidérurgie nationale, alors que les incertitudes planent sur plusieurs sites industriels et que les suppressions d’emplois se multiplient.
La filière sidérurgique française traverse une période de turbulences sans précédent. Plusieurs sites industriels, dont Novasco en Lorraine et les installations d’ArcelorMittal dans le Nord, font face à des difficultés structurelles et conjoncturelles qui remettent en cause leur pérennité. L’usine Novasco, placée en redressement judiciaire pour la quatrième fois depuis 2014, doit impérativement trouver un repreneur avant le 5 septembre, sous peine de liquidation.
Selon des sources industrielles, aucun acteur n’est actuellement en mesure de reprendre des outils de production d’acier en Europe, en raison des surcapacités mondiales et de prix trop bas pour assurer la rentabilité. Cette situation affecte directement les 760 salariés de Novasco, répartis sur plusieurs sites. Paradoxalement, l’usine d’Hagondange dispose pourtant d’un four électrique permettant une production d’acier moins émetteur de CO₂, un atout dans un contexte de transition énergétique.
Du côté d’ArcelorMittal, le climat est tout aussi incertain. Le géant mondial a annoncé la suppression de 600 postes dans le nord de la France et a suspendu ses projets d’investissement dans la décarbonation de son site de Dunkerque. Le groupe réclame des mesures de protection commerciale à l’échelle européenne pour faire face à la concurrence jugée déloyale de la Chine et aux perturbations causées par les droits de douane américains.
Les syndicats, dont la CGT, dénoncent une stratégie de communication qui masquerait une volonté de désengagement progressif. Le secrétaire général de la CGT chez ArcelorMittal estime que les annonces récentes de modernisation ne sont pas crédibles sur le plan technique et pourraient même précipiter la fermeture des sites français à moyen terme.
Face à cette crise, plusieurs États membres de l’Union européenne, dont la France, ont appelé Bruxelles à mettre en place un cadre de protection commerciale urgent. La production européenne d’acier serait, selon eux, sérieusement menacée par les importations à bas prix et l’instabilité des échanges internationaux. Sans réponse rapide, c’est toute la filière qui pourrait être durablement affaiblie.





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