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La Paz sous pression : 57 arrestations lors des heurts entre manifestants et forces de l’ordre

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Les forces de sécurité boliviennes ont procédé à 57 interpellations samedi, alors que des affrontements éclataient avec des manifestants bloquant les accès à la capitale administrative.

Les accrochages se sont produits sur plusieurs axes routiers menant à La Paz, où des centaines de personnes protestent depuis deux semaines pour réclamer des revalorisations salariales et une meilleure stabilité économique. Pour disperser les manifestants, les forces de l’ordre ont fait usage de gaz lacrymogènes, tandis que des barricades empêchaient l’acheminement de denrées alimentaires, de médicaments et d’autres biens essentiels vers la ville.

L’opération, menée conjointement par environ 3 500 policiers et militaires, a débuté tôt dans la matinée. Selon le porte-parole de la présidence, José Luis Galvez, l’objectif était de rouvrir un corridor humanitaire pour permettre l’approvisionnement des hôpitaux en nourriture, en oxygène et en produits pharmaceutiques. Malgré ces efforts, les blocages persistaient en fin de soirée, les manifestants ayant regagné leurs positions après le retrait des forces de l’ordre. L’administration routière bolivienne recensait encore 22 barrages à 22 heures locales.

La paralysie des voies d’accès a provoqué une flambée des prix sur les marchés de La Paz, où de nombreux produits alimentaires sont devenus difficilement accessibles. Depuis le 10 mai, le gouvernement a mis en place un pont aérien pour transporter viandes et légumes. L’Argentine a annoncé samedi le prêt d’un avion de transport militaire Hercules pour soutenir son voisin dans cette opération logistique.

Le pays traverse une grave crise économique, marquée par une pénurie de devises étrangères. L’inflation annuelle a atteint 14 % en avril. L’élection du président de centre droit Rodrigo Paz, l’année dernière, a mis fin à vingt ans de régime socialiste. Il avait promis de sortir la Bolivie de la plus grave récession économique des quarante dernières années. Depuis son arrivée au pouvoir, il a supprimé les subventions aux carburants, en vigueur depuis deux décennies, ce qui a entraîné une hausse brutale des prix de certains produits de base.

Outre les augmentations de salaires, les protestataires exigent le retour à la stabilité économique, l’arrêt des privatisations d’entreprises publiques et la démission du chef de l’État. Vendredi, le gouvernement a conclu un accord avec les mineurs en grève, qui réclamaient davantage de carburant et d’explosifs pour leur travail, ainsi qu’une extension de leurs zones d’activité.

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