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Des paons en liberté divisent un village italien entre passion et exaspération

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Dans la localité balnéaire de Punta Marina, en Émilie-Romagne, une centaine de paons sauvages suscitent des réactions contrastées, entre enchantement pour leur beauté et lassitude face aux nuisances qu’ils provoquent.

Ces oiseaux majestueux, reconnaissables à leur plumage aux reflets métalliques, arpentent sans crainte les rues, les toits et les parkings de cette petite commune proche de Ravenne. Leur présence n’a rien de nouveau dans la région, où des mosaïques antiques témoignent déjà de leur implantation séculaire. Mais leur nombre a considérablement augmenté au fil des décennies, atteignant aujourd’hui près de cent vingt spécimens, sans qu’aucun prédateur naturel ne vienne réguler cette croissance.

Pour certains habitants, cette cohabitation est devenue difficile à supporter. Un retraité de quatre-vingt-un ans déplore les nuisances sonores liées aux cris des mâles en période de reproduction, les dégradations sur les carrosseries des véhicules et la saleté laissée par leurs déjections. Il craint que cette situation ne finisse par éloigner les touristes, pourtant essentiels à l’économie locale.

À l’inverse, d’autres résidents défendent avec ferveur la présence de ces oiseaux. Un pâtissier du village, qui a même créé des biscuits à leur effigie, voit en eux une véritable richesse pour Punta Marina. Il estime que la cohabitation est possible et que les récits d’une prétendue invasion sont exagérés.

La question a créé une véritable fracture au sein de la communauté. Une habitante raconte que le village est désormais divisé en deux camps, les uns exaspérés par les cris nocturnes, les autres fascinés par la beauté des volatiles. Elle suggère de les déplacer vers des zones boisées, plus adaptées à leur mode de vie.

La municipalité de Ravenne a tenté plusieurs solutions. Une opération de relocalisation, entreprise en 2022, avait échoué en raison de l’opposition d’associations de protection animale. Aujourd’hui, des propositions d’adoption affluent de toute l’Italie, ce qui pourrait relancer le projet. Une campagne de sensibilisation a également été lancée pour inviter les habitants et les visiteurs à ne pas nourrir les oiseaux.

Un habitant qui se considère comme le gardien informel des paons arpente régulièrement les rues pour apaiser les tensions. Il affirme qu’il existe suffisamment d’espace dans la commune pour que les oiseaux puissent vivre sans déranger personne. Pour lui, cette situation pourrait devenir un exemple de coexistence harmonieuse entre l’homme et la faune sauvage, à condition de faire preuve de patience et de bon sens.

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