Culture
Karma : Marion Cotillard aux prises avec l’emprise sectaire dans le nouveau film de Guillaume Canet
Présenté hors compétition au 79e Festival de Cannes, le nouveau long-métrage de Guillaume Canet offre à Marion Cotillard le rôle d’une mère fuyant un passé douloureux avant de se retrouver confrontée à une communauté recluse dirigée par un gourou.
Dans ce thriller psychologique, Jeanne, interprétée par Marion Cotillard, tente de reconstruire sa vie dans un village du nord de l’Espagne aux côtés de Daniel, un compagnon ignorant tout de son histoire. Mais la disparition mystérieuse de son filleul, un jeune homme à la santé fragile, attire rapidement les soupçons de la police locale. Pour leur échapper, Jeanne trouve refuge en France, au sein de la communauté où elle a grandi avant de la fuir pour se libérer de l’emprise d’un chef charismatique.
Pour préparer ce rôle exigeant, Marion Cotillard s’est plongée dans des documentaires et des entretiens afin de comprendre les mécanismes de la manipulation sectaire. « Ce qui est fascinant, c’est la manière dont certains parviennent à contrôler des personnes qui ne cherchent qu’à se sentir bien », confie l’actrice. « On aboutit à une forme de pouvoir absolu et de soif de domination. »
Le patriarche Marc, figure centrale de cette communauté d’une soixantaine d’adultes et d’enfants, est incarné avec une intensité remarquable par Denis Ménochet. Révélé au grand public par son rôle dans *Inglourious Basterds* de Quentin Tarantino, l’acteur s’est inspiré de nombreux témoignages de victimes pour saisir « la dynamique humaine » de l’emprise. « Ce qui me captive, c’est qu’à un moment, on est responsable d’un groupe, puis on bascule dans un délire mystique qui se transforme en folie », explique-t-il. Denis Ménochet, qui avait déjà été récompensé en Espagne pour son rôle dans *As Bestas*, parvient à incarner à la fois la force et la vulnérabilité de ce gourou.
L’acteur s’est emparé avec jubilation des codes du personnage maléfique. À l’heure où l’intelligence artificielle suscite de nombreux débats à Cannes, il estime que « l’incarnation humaine est inimitable ». Marion Cotillard renchérit : « Un cœur qui bat, une respiration, cela ne pourra jamais être remplacé. »
Ce nouveau projet marque une nouvelle collaboration entre Marion Cotillard et Guillaume Canet, après leur complicité révélée en 2003 dans *Jeux d’enfants* et les succès des *Petits Mouchoirs* et de sa suite. Bien que le couple ait annoncé sa séparation l’an dernier après dix-huit ans de vie commune, l’actrice insiste sur la dimension professionnelle de leur travail. « Sur le tournage, je suis une actrice face à un metteur en scène que j’admire, face au magnifique cadeau qu’il me fait en écrivant ce rôle. Le fait d’être en couple ou non importe peu », affirme-t-elle. Guillaume Canet a, de son côté, exprimé son désir de retrouver Marion Cotillard sur un plateau, saluant son « talent vraiment exceptionnel » et souhaitant en profiter comme le feraient « tous les grands metteurs en scène ».
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