Politique
La monarchie en campagne, des candidats royalistes aux municipales

À quelques semaines des élections locales, des militants royalistes investissent le terrain démocratique qu’ils souhaitent abolir. Leur objectif, marginal mais assumé, est de faire connaître leur projet de société fondé sur le retour d’un roi.
Dans le paysage politique français, une mouvance singulière se prépare à participer aux scrutins de mars. Des hommes et des femmes, convaincus de la supériorité d’un régime monarchique, déposent des listes pour briguer des mandats municipaux. Cette démarche peut sembler paradoxale pour des partisans d’un système qu’ils jugent antagoniste à la République. Ils y voient cependant une étape nécessaire, un moyen de gagner en visibilité et de s’inscrire dans le débat public.
Sébastien Piffard, candidat dans une commune du Maine-et-Loire, incarne cette démarche. Pour ce chauffeur routier de 44 ans, la Ve République aurait atteint ses limites. Il évoque avec nostalgie une France royale qu’il associe à la puissance et à l’unité, par opposition, selon lui, à un système républicain qui diviserait le pays. Il se présente sous la bannière du Lys Royal de France, une formation créée il y a un an et découverte sur les réseaux sociaux.
L’étiquette royaliste demeure un frein, y compris pour constituer des listes complètes. Ulrich Bailleul, aide-soignant et candidat dans l’Aveyron, reconnaît volontiers passer pour un original aux yeux de beaucoup. Comme d’autres, il admet que ses chances de remporter une mairie sont infimes. L’enjeu immédiat est avant tout de sortir d’une certaine confidentialité.
Le mouvement royaliste contemporain est traversé de courants distincts, parfois rivaux, qui s’opposent notamment sur la personne qui devrait incarner le trône. Les légitimistes soutiennent Louis de Bourbon, un descendant des Capétiens qui a récemment accru sa présence médiatique. Dans des tribunes publiées par des titres de presse conservateurs, il a dépeint une République fragilisée et appelé à un retour aux sources monarchiques de la France.
Damien Pennes, fondateur du Lys Royal de France, estime que le mécontentement grandissant envers la classe politique offre un terreau favorable à ses idées. Sa formation, qui se dit apolitique sur l’axe gauche-droite, défend un programme axé sur le contrôle des frontières, la sortie de l’Union européenne et la baisse de la fiscalité. Participer à des élections, bien que contradictoire avec leur projet final, est présenté comme l’utilisation des outils démocratiques disponibles.
À plus long terme, certains envisagent que l’obtention de mandats locaux pourrait, un jour, faciliter le rassemblement des parrainages nécessaires à une candidature à l’élection présidentielle. Cette perspective, bien que lointaine, est perçue comme un possible tremplin pour leur cause ultime. Sébastien Piffard, quant à lui, conçoit son engagement politique comme transitoire. Il affirme que son combat cesserait le jour, hypothétique, où un roi serait restauré, lui permettant alors de retourner à une vie discrète, loin des affaires publiques.

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