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La justice turque allume la mèche de l’opposition

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Le chef du principal parti d’opposition turc, destitué par un tribunal, accuse le pouvoir de manœuvres pour entraver son ascension et appelle ses partisans à la résistance.

La tension politique ne faiblit pas en Turquie. Mardi, les forces de l’ordre ont encerclé une place d’Izmir, dans l’ouest du pays, pour empêcher un rassemblement de l’opposition. Le leader déchu du Parti républicain du peuple (CHP), Özgür Özel, a profité de cette tribune pour fustiger les agissements du pouvoir en place.

« Il s’agit de stopper un parti qui marche vers la victoire », a-t-il lancé à ses militants rassemblés. Selon lui, cette affaire dépasse le simple cadre interne au CHP ou un différend personnel. « C’est un conflit entre le peuple et le président Recep Tayyip Erdogan », a-t-il asséné.

La décision d’un tribunal d’Ankara, jeudi dernier, a provoqué une onde de choc au sein du parti fondé par Mustafa Kemal. Invoquant des « irrégularités » lors du congrès de novembre 2023, la justice a invalidé la présidence de M. Özel et désigné son prédécesseur, Kemal Kiliçdaroglu, pour le remplacer. Une décision que les partisans de M. Özel contestent fermement.

À Izmir, la police anti-émeute a bouclé le périmètre autour du siège local du parti, empêchant l’accès aux manifestants et utilisant des canons à eau pour disperser ceux déjà présents, ont constaté des journalistes. Les images de l’intervention ont été diffusées en direct par plusieurs chaînes privées.

Malgré ces obstacles, Özgür Özel a maintenu son rassemblement. Il a réclamé la tenue d’un nouveau congrès dès dimanche, à l’issue des fêtes de l’Aïd-el-Kebir, suivi d’une élection pour la présidence du parti dans les semaines suivantes. « Personne ne peut diriger cette formation sans l’aval de ses militants », a-t-il martelé. « Placez une urne devant les deux millions d’électeurs du CHP. Je baiserai les mains de celui ou celle qui me battra. »

Cette escalade fait suite à une intervention musclée des forces de l’ordre dimanche au siège du CHP à Ankara, où M. Özel et son équipe avaient été empêchés d’accéder aux locaux. Le ministre de l’Intérieur a depuis précisé que cette opération, menée avec des gaz lacrymogènes et des balles en caoutchouc, avait été réalisée « à la demande » de Kemal Kiliçdaroglu.

Ce dernier, âgé de 77 ans, avait été évincé de la tête du parti après sa défaite à la présidentielle de 2023 face à Recep Tayyip Erdogan. Le CHP avait pourtant connu un renouveau l’année suivante en remportant une large victoire aux élections locales, conservant ou conquérant les principales villes du pays, dont Istanbul. Mais le maire populaire de la mégapole, Ekrem Imamoglu, désigné candidat pour la présidentielle de 2028, a été arrêté en mars 2025 pour des accusations de corruption qu’il rejette. Il encourt aujourd’hui 2 430 années de prison pour 142 chefs d’inculpation.

Face à la crise, Özgür Özel a appelé les élus du CHP à rester en poste et à ne pas quitter le parti. « Une vague de démissions menaçait, mais nous avons insisté pour que chacun demeure et poursuive le combat au sein du CHP », a-t-il conclu.

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