Planète
La filière pomme de terre française étouffe sous les stocks invendus


Les producteurs du Nord de la France font face à un déséquilibre structurel entre l’offre et la demande. Confrontés à des surplus massifs, ils appellent à un sursaut de la consommation nationale pour éviter l’asphyxie économique.
La situation est devenue critique pour de nombreux cultivateurs de pommes de terre dans les Hauts-de-France. Les silos et les hangars regorgent de tubercules qui ne trouvent pas preneurs, plongeant les exploitations dans une impasse financière. Un agriculteur de la commune de Killem se retrouve ainsi avec deux cents tonnes de production sans débouché commercial. Si ses contrats assurent la couverture de ses charges fixes, la marge bénéficiaire, elle, s’évapore complètement face à ce stock stagnant.
Ce cas est loin d’être isolé. Les représentants professionnels de la région constatent des surplus bien plus importants, pouvant atteindre plusieurs centaines, voire un millier de tonnes par exploitation. La diversification des cultures, avec des céréales ou des betteraves, peine à compenser les pertes engendrées par ce marasme, d’autant que ces autres filières connaissent elles aussi des difficultés conjoncturelles.
Plusieurs facteurs se conjuguent pour expliquer cet engorgement du marché. Le secteur agroalimentaire est pointé du doigt pour avoir, selon certaines voix, encouragé une augmentation des surfaces plantées sans garantir d’avenir commercial solide. Une saison climatique favorable a par ailleurs dopé les rendements. Dans le même temps, la demande de l’industrie, notamment pour la transformation en produits surgelés, a marqué un net recul, accentuant la pression sur les volumes disponibles.
Face à cette impasse, les solutions de secours sont peu rémunératrices. Certains producteurs écoulent une partie de leur récolte à perte via la vente directe à la ferme, à des tarifs très inférieurs aux coûts de production. Une autre fraction des stocks est orientée vers des unités de méthanisation, où elle est valorisée en énergie et en digestat, une issue qui ne sauve pas la rentabilité de la culture initiale.
En dernier recours, les cultivateurs en appellent directement aux consommateurs. Ils les invitent à privilégier l’achat de pommes de terre en circuit court, sur les marchés ou auprès des producteurs, soulignant le rapport qualité-prix exceptionnel de ce produit de base. Un simple doublement de la consommation annuelle par foyer, estiment-ils, suffirait à résorber l’excédent et à redonner un équilibre à toute la filière.





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