Économie
La facture de l’eau s’annonce prohibitrice pour les collectivités locales


L’UFC-Que Choisir tire la sonnette d’alarme face à la dégradation de la qualité de l’eau potable et aux coûts croissants de sa dépollution, une charge qui risque de peser lourdement sur les municipalités et les consommateurs.
L’association de consommateurs constate une nette dégradation de la conformité des réseaux d’eau potable sur le territoire national. Seulement 85 % d’entre eux respectent aujourd’hui l’ensemble des critères réglementaires, ce qui représente un recul significatif par rapport aux précédentes observations. Cette situation s’explique principalement par la détection récente de nouveaux résidus de pesticides, ainsi que par la présence persistante de nitrates et de substances perfluoroalkylées.
Face à ces dépassements des limites de qualité, les gestionnaires des services d’eau ont l’obligation légale de prendre des mesures correctives. Ces interventions techniques entraînent mécaniquement une hausse des coûts de traitement, qui commence déjà à se répercuter sur la facture des usagers. Le prix moyen du mètre cube d’eau a ainsi progressé de 16 % au cours des trente derniers mois, après une longue période de stabilité.
La complexité du problème s’accroît avec l’émergence de polluants résistants aux techniques conventionnelles de dépollution. Les petites communes rurales, déjà vulnérables, se retrouvent particulièrement exposées à cette nouvelle donne. Des villes de taille plus importante commencent également à être concernées par ces dépassements, ce qui étend le phénomène à l’échelle nationale.
Les investissements nécessaires pour moderniser les installations de traitement représentent des montants considérables, difficilement supportables pour les collectivités aux ressources limitées. Certaines municipalités, confrontées à des niveaux exceptionnels de pollution, expriment un sentiment d’abandon face à l’insuffisance des soutiens publics.
L’association plaide pour un renforcement du cadre réglementaire concernant l’utilisation des pesticides, une meilleure protection des zones de captage et une aide financière adaptée aux spécificités des petites communes. Elle souligne que les valeurs réglementaires, établies selon le principe de précaution, restent très en deçà des seuils considérés comme dangereux pour la santé, ce qui permet de maintenir la potabilité de l’eau dans la grande majorité des cas.





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