Monde
La contestation malgache persiste malgré la dissolution gouvernementale

À Antananarivo, les manifestations se poursuivent avec détermination malgré les mesures annoncées par le pouvoir, tandis que les forces de l’ordre maintiennent un dispositif sécuritaire important.
Des centaines de citoyens se sont rassemblés ce mardi dans la capitale malgache pour exiger le départ du chef de l’État. Les forces de l’ordre ont eu recours à des projectiles lacrymogènes pour disperser les manifestants qui tentaient de franchir un barrage de sécurité. Cette mobilisation intervient moins de vingt-quatre heures après l’annonce par le président Andry Rajoelina du renvoi de l’ensemble du gouvernement, une décision qui n’a pas apaisé les tensions.
Le mouvement de protestation, initialement porté par la jeune génération, dépasse désormais les clivages d’âge et de condition sociale. Les revendications concernent principalement les dysfonctionnements récurrents dans l’approvisionnement en eau et en électricité, ainsi qu’une demande plus large de justice sociale et d’État de droit. Les organisateurs avaient recommandé aux participants de se munir de matériel de protection et de dispositifs de communication, témoignant d’une préparation méthodique.
Les excuses présentées par le président lors d’une allocution télévisée n’ont pas convaincu les contestataires, qui dénoncent un système qu’ils estiment corrompu et déconnecté des réalités quotidiennes. Le bilan humain des récentes manifestations, établi par les instances internationales, alimente la détermination des opposants. Plusieurs villes de l’île ont vu leur population descendre dans la rue ces derniers jours, marquant une extension géographique du mouvement.
Cette crise politique survient dans un contexte économique difficile pour le pays, où les indicateurs de pauvreté restent préoccupants malgré les ressources naturelles dont dispose le territoire. Les observateurs notent que l’ampleur de la mobilisation actuelle n’avait plus été atteinte depuis la période électorale de 2023, marquée par le boycott de l’opposition.

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