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La Bolivie en proie à une insurrection contre un pouvoir aligné sur Washington, selon Evo Morales

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L’ancien président de gauche accuse le gouvernement de Rodrigo Paz de servir les intérêts américains, tandis que le pays est secoué par des mobilisations d’ampleur depuis près d’un mois.

L’ancien chef d’État bolivien Evo Morales a qualifié mercredi la situation actuelle de son pays de « rébellion » dirigée contre un exécutif qu’il juge « totalement soumis » aux États-Unis. Depuis le Chapare, région centrale où il vit retranché, il a dénoncé un gouvernement qui aurait choisi son camp entre « l’empire ou le peuple », en référence à la puissance américaine. Pour lui, ce soulèvement populaire s’inscrit dans une opposition au modèle néolibéral et à ce qu’il nomme un « État néocolonial ».

De son côté, le président Rodrigo Paz a averti que la crise, marquée par des manifestations réclamant son départ, se rapproche d’un « point de rupture ». Arrivé au pouvoir après deux décennies de gouvernements de gauche, cet allié récent des États-Unis a reçu le soutien de Washington, qui dénonce une tentative de « coup d’État ». Le gouvernement affirme que les troubles sont orchestrés par Morales, visé par un mandat d’arrêt dans une affaire de traite présumée d’une mineure, des accusations qu’il rejette. Depuis 2024, l’ancien président, déclaré inéligible, demeure protégé dans le Chapare.

Evo Morales a également évoqué un prétendu plan américain, appuyé par l’administration Paz, visant à le capturer avec l’aide de la DEA et du Commandement Sud de l’armée des États-Unis. Sans le citer, le secrétaire d’État américain Marco Rubio a récemment affirmé que Washington ne tolérerait pas que « des criminels et des trafiquants de drogue renversent des dirigeants élus démocratiquement ». Morales, tout en niant être à l’origine des manifestations, reconnaît la participation de ses partisans aux barrages routiers à Cochabamba.

Les mobilisations, menées par des paysans et des mineurs à La Paz, ont entraîné des pénuries de nourriture, de médicaments et de carburant. L’ancien président insiste sur le rôle de la faim comme moteur de la contestation. Mardi, le Congrès bolivien a autorisé Paz à déclarer l’état d’urgence, lui permettant de recourir à l’armée sans l’aval du Parlement. Morales a prévenu qu’une telle mesure risquerait de radicaliser davantage le peuple.

Empêché de se présenter à la présidentielle de 2025 par une décision de la Cour constitutionnelle, l’ex-dirigeant propose aujourd’hui l’organisation d’élections dans un délai de 90 jours. Il assure ne plus aspirer à un retour au pouvoir. « Ce n’est plus mon heure, mais j’ai le devoir d’accompagner le mouvement », a-t-il confié.

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