Économie
La BCE retient son souffle sur les taux malgré la flambée du pétrole
Les gardiens de l’euro restent en alerte, mais ne sortent pas l’artillerie lourde. Pour l’instant, l’inflation dérape sans créer de spirale prix-salaires.

Les gardiens de l’euro restent en alerte, mais ne sortent pas l’artillerie lourde. Pour l’instant, l’inflation dérape sans créer de spirale prix-salaires.
La Banque centrale européenne a relevé ses taux en juin et pourrait remettre ça cette année. Mais les dirigeants ont mis un frein à l’idée d’une nouvelle hausse dès juillet. Même avec le pétrole qui repasse au-dessus de 85 dollars le baril, les signaux ne sont pas assez forts pour précipiter une décision. Les effets redoutés de l’inflation, ceux qui font grimper les salaires et les attentes, ne se sont pas encore concrétisés. Les marchés, eux, ne tablent plus que sur une chance sur cinq pour une hausse la semaine prochaine. Ils misent plutôt sur septembre.
Deux hauts responsables de la BCE ont pris la parole juste avant la période de silence qui précède la réunion du 23 juillet. Piero Cipollone, membre du directoire, et Martin Kocher, gouverneur autrichien, sont sur la même longueur d’onde. « Pour l’instant, nous accordons une attention particulière aux effets indirects de la guerre au Moyen-Orient sur les prix », a confié Kocher au journal allemand Börsen-Zeitung. « Nous ne constatons aucun effet de second tour, mais nous devons aligner notre politique sur les anticipations d’inflation. » Même son de cloche côté Cipollone dans Ouest-France : pas de hausse dangereuse des attentes, pas de revendications salariales excessives. La BCE ne peut pas empêcher le baril de monter, mais elle peut éviter que le choc initial ne contamine toute l’économie.
Joachim Nagel, le président de la Bundesbank, rappelle que la situation reste très volatile. « La reprise des conflits au Moyen-Orient et la nouvelle hausse du pétrole soulignent que l’incertitude est tout aussi élevée », écrit-il. Sa recette : « Réagir avec prudence, mais agir avec détermination si nécessaire. La politique monétaire maintiendra sa vigilance. » En clair, la BCE préfère attendre de voir si les prix du brut finissent par réveiller l’inflation salariale avant de resserrer encore la vis. Les investisseurs, eux, anticipent deux hausses d’ici le printemps prochain. Mais pour juillet, ce sera non.
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