Politique
Jérôme Guedj, une candidature née de la fracture à gauche

_**L’annonce de sa candidature à la présidentielle de 2027 consacre l’itinéraire politique singulier de ce député socialiste, passé d’une proximité intellectuelle avec Jean-Luc Mélenchon à une opposition frontale, devenant une figure centrale des clivages qui traversent la gauche française.**_
L’élu de l’Essonne, âgé de cinquante-quatre ans, a placé son engagement sous le signe d’un combat résolu contre l’antisémitisme et d’une rupture définitive avec La France insoumise. Cette position s’est cristallisée après les événements du 7 octobre 2023, lorsque le refus de ce parti de qualifier d’acte terroriste l’attaque du Hamas contre Israël a provoqué une onde de choc. Issu d’une famille juive séfarade, Jérôme Guedj, qui se définit avant tout comme un républicain universaliste, a alors estimé franchir une ligne rouge.
Son parcours politique est marqué par une relation ancienne et complexe avec Jean-Luc Mélenchon, dont il fut l’assistant parlementaire au Sénat. Il voyait alors en lui un mentor. Leur collaboration a pris fin en 2008, avec le départ de ce dernier du Parti socialiste. Les deux hommes se sont retrouvés, quinze ans plus tard, au moment de la constitution de la Nouvelle Union populaire écologique et sociale. Le député socialiste a alors cru à la possibilité d’un rassemblement, avant de déchanter face, selon lui, aux divisions attisées au sein de la coalition.
L’épisode postérieur au 7 octobre a scellé la rupture. Les propos tenus par le leader insoumis à son encontre, le qualifiant notamment de « lâche », ont été vécus comme une blessure personnelle et politique. Dès lors, Jérôme Guedj s’est érigé en partisan intransigeant d’une séparation nette avec La France insoumise. Il a refusé de se représenter sous la bannière du Nouveau Front populaire lors des législatives anticipées, préférant le seul étiquetage socialiste, et s’est même opposé à la direction de son parti sur cette stratégie d’alliance.
Longtemps identifié à l’aile gauche du PS, notamment lors de la fronde contre le gouvernement Valls en 2014, il incarne désormais une ligne réformiste, proche de celles portées par François Hollande ou Raphaël Glucksmann, farouchement critique à l’égard de LFI. Reconnu pour son expertise sur les dossiers sociaux, il a récemment montré une capacité à négocier avec l’exécutif, comme en témoignent les discussions budgétaires. Sa candidature présidentielle, la première officiellement déclarée au sein du PS, est cependant perçue par certains cadres du parti comme une démarche personnelle, soulignant un caractère jugé individualiste et médiatique.

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